Répression : le rôle de la justice, majeur et trop peu dénoncé


Violences policières, arrestations arbitraires, répression des opposant-es : la justice responsable


À mesure que la rue gronde, que le peuple se soulève, que le feu se répand, se déchaîne la violence de l’État. Celle d’un État qui ne tient plus que par sa police, par la terreur qu’elle instaure et par les coups qu’elle donne. Mais cette police ne tient pas seule, elle est soutenue, protégée, et même encouragée. Derrière elle, discrète et sournoise, la justice est là, prête à tout pour soutenir un système qui n’attend plus qu’à s’effondrer.

En admettant de manière tout à fait illégale une présomption de légitime défense pour les policiers violents ;

En se taisant face aux rafles arbitraires de jeunes manifestant-es, souvent mineur-es, enfermé-es, privé-es de liberté et de dignité dans les commissariats ;

En reconduisant volontairement des gardes à vue pour les militant-es qui refusent de plier face aux menaces et aux pressions policières ;

En criminalisant la lutte politique, et faisant le choix de juger des infractions politiques en comparution immédiate, procédure accélérée qui n’est pourtant pas applicable aux délits politiques selon le code de procédure pénale ;

En décrédibilisant et en méprisant, en salle d’audience, celles et ceux qui mettent leur vie et leur corps en péril pour protéger les droits sociaux et les libertés de toutes et tous ;

En condamnant, sans preuve, des militant-es, en les enfermant, en les perquisitionnant, en les surveillant, en les fichant…

La justice est complice et actrice de la violence de l’État. Coupable elle-même de violence et de mépris de classe. C’est une violence moins visible, moins immédiate que les tir de LBD et les grenades. C’est une violence à huis-clos, à l’abri des regards, dans les salles d’audience. Une violence sans fracas ni sang, sans cris ni coups, mais qui brise et terrorise tout autant que les matraques.

Le soulèvement des Gilets Jaune n’aurait pas été écrasé sans les dizaines de milliers de gardes à vue, les milliers de procès et les centaines de peines de prison ferme délivrées par les magistrats. Les luttes sociales en cours ne seraient pas entravées sans les enquêtes à charge, les comparutions immédiates et les peines pour l’exemple. À Nantes comme à Besançon, des juges viennent de condamner des manifestants à 3 ans de prison ferme, pour des prétendues «violences» sur des policiers, pendant que la BAC et la BRAV terrorisent en toute impunité.

Cette justice est au service du pouvoir. Elle n’a jamais été indépendante, elle se met ouvertement au service de la police. La déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui figure dans notre constitution actuelle prétend garantir le principe de séparation des pouvoirs, et impose à l’institution judiciaire d’être indépendante vis-à-vis des pouvoirs exécutif (le gouvernement) et législatif (les parlements), sans quoi plus rien ne nous protège de la tyrannie. Pure fiction. Michel Foucault le soulignait déjà il y a 40 ans : «la justice est au service de la police, et non l’inverse». Elle valide et légitime sa répression.

Alors aux magistrat-es qui continuent de regarder à coté, qui font mine de jouer leur rôle dans le spectacle d’un «État de droit» qui n’a jamais été autre chose qu’une invention abstraite… Regardez votre sinistre besogne, refusez d’obéir. Dans le cas contraire, vous aurez choisi votre camp et l’histoire en jugera.

Quant à nous, de la même manière que nous protégeons nos corps des armes de la police, protégeons notre liberté des attaques de l’institution judiciaire. Partageons les bons réflexes d’autodéfense face à la justice.

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