Police : chasse à l’homme dans les bars et les magasins


Témoignages


13 avril, en fin de manifestation à Nantes, une chasse à l’homme est organisée par la police. La BAC de Nantes entre dans plusieurs bars et dans un Carrefour du centre-ville. Plusieurs personnes sont interpellées.

Un jeune homme se fait éclater la lèvre au sol dans le Carrefour de Bouffay, et est emmené saignant au poste. Voici le témoignage d’une personne présente :

«Quand je suis rentrée dans le Carrefour il y avait un groupe de CRS positionnés en bas devant l’entrée. La BAC tournait dans le magasin puis est allée dans une arrière-salle accompagnée d’employés. Ça a duré plusieurs minutes sans qu’on les revoie. Étaient-ils en train de regarder les images des caméras ? Dans les couloirs du magasin, un employé appelle la sécurité : un homme avec une veste rouge qui disait qu’il était responsable du magasin. Il repère un jeune homme, prend un petit micro et dit ”appelez la sécurité”. Quelques instants après, la BAC débarque et le plaque au sol en lui ouvrant la lèvre. Il criait “regardez ce qu’ils m’ont fait”. Mais il n’y avait personne pour voir… Sauf le responsable du Carrefour, qui a suivi jusqu’au bout l’arrestation, bien content d’avoir contribué.»

Scène similaire dans un café près Gloriette. Une cliente qui revenait de la manifestation nous raconte :

«J’étais à peine arrivée dans le bar histoire de me réfugier quelques secondes [la situation était tendue à l’extérieur]. La BAC ainsi que d’autres forces de l’ordre non identifiées rentrent dans le rade. Une ambiance de terreur règne soudainement. La sortie est cernée. Ils arrivent, attrapent une personne sans que l’on ait le temps de comprendre. Alors je crie, pourquoi ? Un policier me répond : ”t’as qu’a venir aussi si tu veux savoir”. Plusieurs personnes se révoltent, et sont repoussées. On essaye de retenir le camarade mais ils sont trop nombreux, pas identifiables et nerveux. Tout le monde sent que ça peut partir en vrille. Les policiers se replient avec la personne arrêtée, en lançant des lacrymos sur la terrasse».

Le 23 mars, des syndicalistes CGT qui buvaient un verre en terrasse après une manifestation avaient déjà été chargés et gazés. Des agents cagoulés qui sillonnent des bars et un supermarché pour chasser des manifestants et faire peur : des faits inquiétants. Mais sont-ils légaux ?

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