Places hors de prix et travail bénévole : où va l’argent des Jeux Olympiques ?


Alors que les JO recrutent plus de 45.000 «bénévoles» exploité-es gratuitement, les places pour assister aux jeux atteignent quant à elles des prix indécents.


2700 euros pour assister à la cérémonie d’ouverture, soit deux mois de SMIC ! Ou encore 980€ pour assister aux épreuves de natation et 630€ pour celles de la gymnastique artistique !

«J’ai vu que les places pour l’athlétisme étaient vendues à un tarif astronomique (de 290 euros à 995 euros, la place). Je trouve ça vraiment abusé» s’indigne Jimmy Gressier, athlète français. «Comment peut-on mettre des tarifs aussi élevés pour notre sport ? Qui est à la base, un sport abordable pour tous et accessible, où il n’y a pas non plus de très grandes stars». Des jeux destinés donc aux ultra-riches, de l’aveu même de sportifs.

Pour comparaison, les places pour assister aux JO de Londres coûtaient de 20 à 2 012 livres. Tokyo proposait un prix d’appel à 19 euros et Rio proposait même des billets à 13 euros. L’édition brésilienne de 2016 était la moins chère avec 50% des billets vendus à moins de 23 euros.

Les JO vont ainsi permettre d’amasser des sommes considérables, tout en rendant inaccessible à une grande partie de la population la possibilité d’y assister, d’autant plus dans le contexte actuel d’inflation. Et cela sur le dos 45.000 «bénévoles». Ces personnes seront pourtant exploitées 10h par jour et jusqu’à 48h par semaine, tout en étant soumises à des liens de subordination… la définition même du contrat de travail, pour ces bénévoles qui ne seront ni rémunéré-es ni protégé-es par le droit du travail. Où va l’argent ? Uniquement pour la répression ? À qui vont bénéficier les sommes réalisées sur la vente de billets hors de prix et le travail gratuit de dizaines de milliers de personnes ?

Mais ceci est loin d’être la seule critique qui pèse sur l’organisation des JO. Il s’agit également un désastre écologique. Des jardins ouvriers à Aubervilliers vont être détruits pour y construire une piscine olympique ainsi qu’une partie du parc Georges Valbon. De nombreux arbres vont aussi être abattus, pour un événement qui va en plus mobiliser massivement les transports aériens ultra-polluants venant du monde entier.

La question du logement est également en jeu. Le prix du mètre carré explose autour du site des JO, rendant l’accès au logement impossible pour de nombreuses populations. Le CROUS va exiger aux étudiant-es les plus précaires, qui bénéficient de bourses et nécessitent un logement, de quitter leur chambre étudiante pendant l’été 2024 pour pouvoir y accueillir des volontaires des JO.

Mais c’est aussi la militarisation de l’espace public qui inquiète : quadrillage policier, surveillance totale… le préfet Nunez l’assume : «on va saturer l’espace public de policiers» s’exclame-t-il…

Travail dissimulé, débauche sécuritaire, pollution massive, destruction de jardins, privatisation de l’espace et tout ça pour le divertissement d’ultra-riches, inaccessible à la plupart des habitant-es d’Île de France. Ces jeux olympiques sont un scandale à la fois social et écologique. Empêchons-les !

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