Attaques d’orques en bande organisée


La nature reprend ses droits ou un anthropomorphisme qui met en péril la survie des cétacés ?


Une orque émerge de l'eau devant un bateau à l'arrière-plan

Les orques sont des cétacés carnivores qui vivent en groupe. Des mammifères très intelligents, développant de grandes aptitudes sociales. Les orques ont un langage complexe, des mode de transmission et même des pratiques communes au sein de groupes qui se déplacent ensemble et chassent de façon concertée.

Depuis 2020, plusieurs «attaques» d’orques ont été recensées contre des embarcations, en mer Méditerranée, au milieu du détroit de Gibraltar, entre l’Espagne et le Maroc, et même jusqu’en Bretagne.

Le 2 mai dernier, un yacht a ainsi été la cible de six épaulards faisant trembler les bourgeois à bord de leur bateau de 22 tonnes d’acier. En novembre 2022, un bateau transportant quatre Français était attaqué par des orques au large du Portugal, et coulé après 45 minutes de coups contre la coque.

Le 8 août 2022, c’est au large de la Bretagne qu’un assaut d’orques a eu lieu contre le voilier d’un norvégien qui expliquait : «ils nous [ont frappé] à plusieurs reprises… nous donnant l’impression qu’il s’agissait d’une attaque coordonnée.» Le navigateur a dû faire escale au chantier naval de Brest. Une ambiance plus énervée que dans «Sauvez Willy».

À la tête du gang de cétacés, la dénommée Gladis, à qui les médias attribuent la responsabilité des attaques. Celle-ci aurait été blessée suite à une collision avec une embarcation. Le mythe prétend qu’elle apprendrait depuis aux autres orques à chahuter les navires. L’hypothèse du biologiste Alfredo López Fernandez est que «le traumatisme vécu par Gladis l’a rendu plus agressive avec les bateaux. Les orques étant des animaux sociaux, capables d’apprendre les uns des autres, son comportement est maintenant copié par ses congénères».

Les orques cherchent-elles à rappeler aux humains à qui appartient l’Océan ? À nous montrer que nous sommes nuisibles et vulnérables sur les mers ? Bien que l’idée d’une vengeance collective de la biodiversité contre les aberrations humaines que sont les yachts soit réjouissante, aucun consensus scientifique ne semble valider cette hypothèse selon Reporterre. «Ce serait beau, une révolte des espèces non-humaines, quand on voit à quelle vitesse on les dégomme sans aucun remord. Mais je n’y crois pas trop», souffle le professeur en bioacoustique et spécialiste des cétacés Olivier Adam.

Ces quelques articles de presse ont pourtant suffit à créer la panique chez les marins qui «s’équipent désormais d’explosifs extrêmement puissants qui pourraient blesser l’ouïe des animaux». Un grave danger pour cette espèce sous-marine déjà en danger critique d’extinction qui se déplacent et communiquent grâce à leur ouïe».

L’anthropomorphisme autocentré des humains sur leur environnement et sur la biodiversité – c’est-à-dire cette tendance à attribuer aux animaux des réactions humaines – pourrait donc s’avérer tragique pour cette espèce.

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