Ensauvagement policier


La police commet tellement d’actes gravissimes partout en France quotidiennement qu’il est difficile de les recenser. Quelques exemples alarmants, rien que ces derniers jours :


Un policier cagoulé tenant un lance-grenade Cougar

69 balles

En Seine-Saint-Denis, le directeur de la sécurité et de la prévention de la ville du Bourget a sorti une arme et tiré pas moins de 69 balles devant le commissariat de la ville, dans la nuit du 28 au 29 juin. Ce tireur fou est le chef de la police municipale de la ville. Il n’avait même pas d’autorisation de port d’arme ! Il prétend avoir tiré «en l’air» pour «défendre le poste de police». Et il est couvert par le maire de droite, Jean-Baptiste Borsali, lui-même visé par une enquête pour harcèlement sexuel et déjà condamné pour «des actes de menaces, violences ou intimidations envers plusieurs policiers». Ironique.

Quoiqu’il en soit, cette affaire révèle la facilité déconcertante avec laquelle les agents, nationaux ou municipaux, dégainent désormais des armes mortelles. Pour refus d’obtempérer, mais aussi récemment à Mayotte, où des CRS avaient tiré à balles réelles sur des «émeutiers», ou plus récemment dans les banlieues française. Le Flash-Ball était sensé empêcher l’usage de tirs mortels, en réalité, il a décomplexé l’usage des armes dans la police, les agents n’hésitent plus à appuyer sur la gâchette. Et de plus en plus de polices municipales sont aujourd’hui dotées d’armes à feu…

«Bicot»

En avril 2020, le policier Pierre C. avait été filmé en train de déclarer «un bicot ça ne nage pas» à propos d’un homme Égyptien qui se débattait dans un fleuve. Son collègue avait répondu : «Ah, ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied». L’homme avait été violenté au moment de son arrestation, puis l’enquête avait démontré son innocence. Le policier raciste a été condamné en janvier 2022 pour «injure publique à caractère racial». Depuis, il a été autorisé à passer le concours d’officier et l’a réussi. Une promotion, comme tant d’autres.

Agression de journalistes

À Marseille, un énorme dispositif policier encadrait la visite de Macron dans la ville. Une journaliste du média local «Made in Marseille», qui couvrait ce déplacement le 27 juin «souhaitait simplement rentrer chez elle et prendre un vélo en libre-service», lorsqu’un CRS l’a contrôlée et fouillée. «Ce contrôle injustifié a dégénéré lorsque l’agent a trouvé sa carte de presse, puis l’a étranglée alors qu’elle tentait de téléphoner à notre rédactrice en chef, pour nous alerter sur la situation», explique la rédaction du média, qui évoque également des «insultes misogynes» et «propos dégradants tenus par l’agent». Une enquête est ouverte. Samedi 8 juillet, des policiers ont volontairement violenté des journalistes qui couvraient la Marche pour Adama à Paris.

Grève des motards

Selon des informations recueillies par Europe 1, les collègues de Florian Menesplier, qui a tué Nahel, refusent d’assurer leur service. Les cinq membres de l’équipe de police à moto ne se sont pas présentés au travail ce lundi, en solidarité avec leur collègue. Une source interne explique qu’ils ont besoin de prendre du recul et de faire une pause. Cet arrêt collectif prouve que le policier tueur est tout sauf une «brebis égarée», mais bien un agent soutenu par sa profession. Les policiers concernés ont même bénéficié d’arrêts maladie. Le gouvernement prétendait vouloir lutter contre les arrêts abusifs : en voici.

Manifestation d’extrême droite

Après la cagnotte de soutien au meurtrier de Nahel, un appel à manifester en son honneur circulait sur les réseaux sociaux : «Avec l’accord de la famille et de son avocat, tous place Denfert-Rochereau ce Mardi pour soutenir notre camarade Florian incarcéré à la prison de la santé». L’appel vient du collectif policier d’extrême droite Hors Service, animé par l’ancien agent Cédric Vladimir, révoqué de la police nationale en juillet 2022. Il publiait régulièrement des appels à tuer des «racailles» sur internet : «bien tirée, une seule 9mm peut traverser environ 5 sauvageons». À propos d’une free party, il écrivait que «le conservatisme aurait opté pour une décontamination préventive à la lacrymogène et une quatorzaine directement dans un hangar». Lors des Gilets Jaunes, il appelait à ce que les «sauvages» entendent «résonner la détonation létale d’un 9mm Sig Sauer» et ajoutait «fini le LBD, ouvrons le feu !» Il a été invité sur le plateau de Cyril Hanouna en mars dernier pour défendre la profession.

Ces quelques cas récents ne sont qu’une infime partie de ce qui est connu : la plupart des violences ont lieu loin des regards et des caméras, ou dans les commissariats. Elles ne sont jamais évoquées par les médias, et ne donnent souvent lieu à aucune plainte…

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