Échange d’otages : des milliers d’enfants ont été enlevés par l’armée israélienne


Près de 200 enfants sont actuellement dans les geôles israéliennes


Deux photographies d'enfants palestiniens arrêtés par l'armée israélienne. Celui du bas a les yeux bandés tandis qu'il est emmené menotté.

Après un mois et demi de bombardements intensifs qui ont coûté la vie à 14.000 gazaouis dont 5500 enfants, un premier accord a été trouvé pour la libération d’otages. 50 personnes israéliennes enlevées le 7 octobre par le Hamas vont être libérées en échange de la libération par Israël de 150 femmes et enfants palestiniens, ainsi qu’une trêve humanitaire.

Ces dernières semaines, il n’a été question que de ça : la retenue d’otages israéliens était présentée comme une horreur absolue, qui justifiait le déluge de bombes sur Gaza. Mais avec cet accord, certains médias risquent de découvrir que des enfants palestiniens sont enlevés et arbitrairement enfermés par l’armée israélienne, en bien plus grand nombre.

En effet, Israël détient plus de 6700 prisonniers palestiniens dont 2000 en détention administrative. Autrement dit, sans aucun droit, sans accès au dossier d’inculpation ni possibilité de se défendre. Ces détenus subissent des violences et des humiliations quotidiennes.

Parmi ces prisonniers, on estime que 200 sont mineurs. Israël juge 700 mineurs palestiniens chaque année devant des tribunaux militaires. Plus de 12.000 mineurs ont été enfermés par Israël depuis 20 ans.

La loi militaire israélienne rend responsable pénalement un enfant à partir de 12 ans. Il y a donc des dizaines d’enfants de 12, 13 ou 14 ans enfermés quasiment sans aucun droit dans les geôles coloniales. 97% sont privés d’avocat, 88% des familles ne sont pas informées de leur arrestation et 99% des mineurs plaident coupable sous la pression, selon la plateforme des ONG françaises pour la Palestine.

Ces enfants, comme les autres détenus, subissent des tortures psychologiques et des punitions collectives : privation de sommeil, obligation de rester ligoté dans une position volontairement dégradante ou douloureuse, privation d’eau, de nourriture ou d’accès aux toilettes… Selon l’Organisation Mondiale Contre la Torture, «des enfants palestiniens sont encore soumis à des actes de torture et autres mauvais traitements dans les centres de détention en Israël».

En 2015, le Comité international de la Croix Rouge (CICR) évaluait à 850.000 le nombre de palestiniens ayant été plus ou moins longtemps détenus par les forces israéliennes depuis 1967. Ce chiffre représente presque un quart de la population de la Palestine occupée. Ces prises d’otage de masse ont lieu depuis des décennies et l’échange de prisonniers est l’unique moyen de les libérer.

Selon l’organisation Amnesty International, la situation s’est aggravée ces dernières semaines en Cisjordanie : «Les autorités israéliennes ont considérablement accru leur recours à la détention administrative», ont favorisé «les traitements inhumains et dégradants de détenus et n’ont mené aucune enquête sur les cas de torture et les morts en détention au cours des quatre dernières semaines» écrit l’ONG le 8 novembre.

En effet, de nombreuses vidéos montrent des détenus palestiniens totalement nus, couverts de bleus et de plaies, entassés par terre et attachés. Des soldats israéliens ont même diffusé des vidéos où on les voit en train d’humilier des prisonniers.

Ainsi, les otages ne sont pas que d’un côté, il y a bien des captures réciproques. On ne peut comprendre l’enlèvement des 200 otages israéliens sans parler des milliers de prisonniers palestiniens gardés par l’État colonial, qui pratique des prise d’otage de masse, en toute impunité, depuis des décennies.

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2 réflexions au sujet de « Échange d’otages : des milliers d’enfants ont été enlevés par l’armée israélienne »

  1. Q’un enfant soit Palestinien ou Israélien, qu’il ait jeté des pierres ou pas sur des soldats, rien, même pas la loi, ne doit permettre qu’il ailles en prison, qu ‘il soit torturé, blessé ou tué.
    Malheure a ceux et celles qui apporteront leur soutien inconditionnel à ces exactions. Personne ni même aucune loi ne peut permettre de tels faits, un tel crime.

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