C’est une grande campagne d’actions contre Lafarge et le monde du béton qui a été lancée par plus de 200 luttes locales, organisations, sections syndicales et comités des Soulèvements de la terre, pour le début du mois de décembre.

Cette coalition de regroupements écologistes, paysans, associatifs, appelle à une semaine destinée à «unir les forces non pas en un point, mais partout sur le territoire». La cible : l’industrie du béton, extrêmement polluante, destructrice, liée au lobby de la construction, qui artificialise les sols, pille le sable, exploite les ressources et les travailleur-ses…
La France compte dans ce secteurs plus de 470 sites industriels rien que pour la firme Lafarge-Holcim : des cimenteries aux carrières et centrales à béton. Il y a donc des bétonneurs près de chacun-es d’entre nous.
Dès le 4 décembre, un mystérieux collectif a donné le top départ des actions contre le béton dans l’Isère. Un «désarmement» visant la cimenterie Vicat de Saint-Egrève. L’action est revendiquée par le «commando pomme-pote», qui explique dans un communiqué : «nous avons décidé d’agir pour mettre un coup d’arrêt à la production de la cimenterie». «Si, à travers cette action, c’est toute l’industrie du béton que nous attaquons, le choix du groupe Vicat n’est pas un hasard. Loin de l’image de petite entreprise locale qu’il tente de promouvoir, Vicat est un géant du béton qui produit chaque année près de 23 millions de tonnes de matériaux, pour un chiffre d’affaire de plus de 3 milliards d’euros. Le groupe possède une douzaine de filiales dans le monde, dont une partie en Afrique de l’Ouest où, dans une logique néo-coloniale dramatique, il pollue massivement les eaux et les airs».

Le commando dénonce le greenwashing de cette entreprise alors que «ses activités restent parmi les plus émettrices au monde avec 20 méga tonnes de CO2 par an relâchées dans l’atmosphère, et il n’a pas diminué ses émissions au cours des dernières années malgré ses promesses». Vicat collabore avec de grands projets nucléaires ou l’aménagement du Grand Paris qui dévore les territoires d’île de France. Enfin, le communiqué rappelle que la famille à l’origine de l’entreprise a collaboré avec l’occupant nazi pour construire des bunkers durant la guerre, comme d’autres géants du bâtiment français d’ailleurs.
Cette initiative s’est matérialisée par l’intrusion nocturne dans l’usine, un sabotage et un tag de revendication. Une vingtaine d’actions sont programmées partout en France, notamment à Paris le 10 décembre, ou à Nantes le 9 décembre à partir de 10h rue Henri Loiret.
La carte des mobilisations est à retrouver ici
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