Allemagne : marée humaine contre l’extrême droite


Plus de 1,4 million de personnes ont manifesté contre l’extrême droite ce week-end en Allemagne


Quelques jours plus tôt, la presse révélait l’existence d’une réunion entre des membres du grand parti d’extrême droite – l’AfD : Alternative für Deutschland – un identitaire Autrichien nommé Martin Sellner et de riches entrepreneurs visant à déporter plusieurs millions de personnes considérées comme non intégrées à l’Allemagne. Le projet évoqué était d’envoyer vers l’Afrique du Nord les demandeurs d’asile, étrangers et citoyens allemands qui ne seraient pas «assimilés».

En France, l’extrême droite nomme ce projet de nettoyage ethnique «remigration» et elle n’a pas besoin de se réunir secrètement pour en parler : les médias des milliardaires lui offrent des tribunes tous les jours en direct !

En Allemagne, toujours hantée par le spectre sur nazisme, l’AfD ne cesse de progresser. Le parti entré au Parlement en 2017 est désormais en deuxième position dans les intentions de votes, autour de 22%, derrière la droite. Une progression fulgurante en quelques années, alors que les médias sont beaucoup moins favorables à l’extrême droite qu’en France.

Dans l’ancienne Allemagne de l’Est, l’AfD est même le premier parti dans les sondages avec plus de 30% sur fond d’inflation et de crise sociale et politique. Plus inquiétant encore : l’AfD avait d’abord opté pour une stratégie de «dédiabolisation» comme Marine Le Pen, mais renoue désormais avec des références nazies, à l’image de Björn Höcke, responsable du parti en Thuringe qui a repris un slogan des SA.

Les manifestations anti-AfD ont eu lieu chaque jour durant la semaine. À Munich, la marche a dû être interrompue tellement la foule était énorme : plus de 100.000 personnes avec le slogan : «Plus jamais ça, c’est maintenant». À Berlin 350.000 personnes étaient dans la rue selon les organisateurs. Des célébrités, élus ou responsables religieux avaient appelé à rejoindre les manifestations.

Pour autant, ces grandes communions «pour la démocratie» ne s’attaquent pas aux racines du fascisme : inégalités croissantes, discours militaristes et racistes, absence de perspectives émancipatrices.

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