Rima Hassan : la candidate franco-palestinienne convoquée pour “apologie du terrorisme”


Jusqu’où ira l’État français ?


Rima Hassan : la candidate franco-palestinienne convoquée pour "apologie du terrorisme"

Depuis des mois, elle est diffamée, censurée, cible de campagne racistes : Rima Hassan Mobarak est une juriste franco-palestinienne et aujourd’hui candidate aux élections européennes sur la liste de la France Insoumise.

La jeune femme est née dans un camp de réfugiés en Syrie, car son père a été chassé de Palestine lors de la Nakba en 1948, la grande épuration ethnique qui a créé l’État israélien. Cette année-là, des centaines de milliers de palestiniens avaient été délogés de leur terre et sont parqués depuis plusieurs générations dans des camps en Syrie, au Liban ou à Gaza.

Héritière de cette douloureuse histoire, Rima Hassan Mobarak est arrivée en France à l’âge de 10 ans et est devenue juriste. Elle milite pour la cause palestinienne avec une grande dignité, réclamant le droit au retour pour les palestiniens chassés en 1948 et rêve de la création d’un État démocratique et multiconfessionnel en Palestine.

Non seulement elle n’est guère invitée dans les médias – alors qu’elle maîtrise parfaitement le sujet et pourrait apporter des éclairages décisifs au public sur la guerre en cours – pendant que les propagandistes israéliens monopolisent les plateaux télés – mais son engagements lui valent des persécutions folles.

Une horde d’agents pro-Netanyahou travaille quotidiennement à la salir et à l’empêcher de s’exprimer. Par exemple, cette bande a fait annuler un contrat qu’elle avait avec L’Oréal et sont invitation à une soirée des «40 femmes de l’année». Le 6 novembre, Rima Hassan recevait une photo d’obus israéliens avec un message inscrit en français dessus : «Rima, tiens cadeau pour tes copains du Hamas».

Depuis qu’elle est candidate aux Européennes, les diffamations redoublent d’intensité dans les médias, sans que l’intéressée ne puisse se défendre. La meute se déchaîne.

Ces derniers jours, ce harcèlement a pris un tournant encore plus inquiétant, puisqu’il est organisé directement par le sommet de l’État français. Plusieurs conférences prévues avec la candidate ont été purement et simplement interdites par des préfets et des présidents d’université. Une représentante du plus grand mouvement de gauche en France censurée en pleine campagne, c’est tout simplement du jamais vu.

Pire, elle vient de recevoir une convocation de la police pour «apologie du terrorisme» ! La juriste franco-palestinienne sera entendue le 30 avril pour des propos qu’elle aurait tenus sur les réseaux sociaux entre novembre et décembre.

Rima Hassan dénonce des «pressions politiques visant à compromettre sa liberté d’expression» et son avocat, Vincent Brengarth estime que cette convocation «est proprement ahurissante. Elle criminalise les expressions de Rima Hassan alertant sur l’urgence de la situation à Gaza. Chacun voit bien qu’elle intervient en pleine campagne électorale et qu’elle vise à affaiblir Rima Hassan, dans un contexte de pressions multiples».

Plus ridicule mais tout aussi révélateur, Rima Hassan est aussi visée par une plainte de Rachel Khan, chroniqueuse de droite extrême dans les médias. Celle-ci est mise en cause pour ses nombreux plagiats, et squatte le plateau de Cnews. Elle avait déjà lancé une opération diffamatoire contre le rapeur Médine l’été dernier, l’accusant d’antisémitisme.

Sur les réseaux sociaux, Rachel Khan a ironisé sur la famine à Gaza, sous une vidéo montrant des palestiniens sur une plage, en publiant «j’aime bien celui qui travaille son summer body en faisant des pompes». Celle qui se prétend «humaniste» et «laïque» dans tous les médias n’est que la banalité du mal incarnée, elle trouve rigolo une famine de masse à visée génocidaire.

Rima Hassan a simplement répondu «ordure», à celle qui rit du massacre de son peuple. Une réaction pondérée. Pourtant Rachel Khan a déposé plainte contre elle pour «injure publique». Ces gens osent tout. C’est simple, la clique pro-Netanyahou a tous les droits : mentir, injurier, diffamer, menacer de mort sans aucune sanction, mais la moindre réponse à leurs ignominies donne lieu à des plaintes, des interpellations voire des condamnations pour «apologie du terrorisme». C’est donc le règne du double standard, de la lâcheté et de l’arbitraire le plus absolu.

Pendant que ces génocidaires s’expriment dans les médias et que le gouvernement français arme Israël, les rares voix qui tiennent bon pour la Palestine subissent des représailles d’une violence hallucinante.

Si l’État en est rendu à convoquer une candidate aux européennes, c’est que le dernier vernis démocratique déjà bien mince a volé en éclat, et il faut s’attendre à une offensive très large contre les soutiens de la Palestine sur la base d’accusations similaires «d’apologie du terrorisme».


Et puisque l’accusation «terrorisme» justifie tous les moyens de répression, et qu’il s’applique désormais à des pans entiers de la population, nous ne sommes désormais plus très loin des rafles d’opposant.e.s et d’indésirables Il faut construire un front uni pour y faire face.


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