Christian Porta : syndicaliste persécuté par un géant de l’agro-industrie


La multinationale InVivo tente désespérément de se débarrasser du délégué syndical et sa section CGT


Christian Porta reste déterminé malgré la répression patronale

Dénoncer à la fois les conditions de travail et l’usage intensif de pesticides, c’est trop pour les multinationales du poison, qui considèrent cela comme du «harcèlement moral». L’entreprise de boulangeries industrielles Neuhauser, filiale d’InVivo basée près de Mulhouse, a récemment licencié Christian Porta, 32 ans, délégué syndical de la CGT. Une méthode digne d’un patronat voyou, qui cherche à maximiser ses profits au détriment des travailleurs pour vendre des viennoiserie industrielles dégueulasses.

Problème : suite à une procédure aux Prud’Hommes, le licenciement a été annulé et Christian Porta a été réintégré à l’usine. Qu’à cela ne tienne, une nouvelle procédure de licenciement a été lancée et un huissier le suit en permanence afin de consigner ses faits et gestes. Un véritable harcèlement patronal qui n’a qu’un seul but : entraver l’action syndicale.

C’est pourtant Christian Porta qui se voit accusé de «harcèlement» envers la direction, qui a porté plainte et incité les cadres à témoigner contre le syndicaliste. Et cela, malgré le rapport de l’inspection du travail qui considère que le syndicaliste fait simplement son boulot. Quand réclamer l’application du droit du travail est considéré comme de la persécution à l’égard de la direction, c’est peut-être que les patrons ne se sont pas fait suffisamment arracher la chemise ?

La nouvelle procédure de licenciement a de nouveau été annulée par la justice le 28 mai dernier. Dans son délibéré, la cour dénonce des entraves au droit syndical. Le tribunal ajoute que «la présence d’un commissaire de justice suivant Monsieur Christian Porta dans ses déplacements, y compris aux toilettes et attendant devant la porte du local CSE, constitue un trouble manifestement illicite».

Dans un communiqué, la CGT se félicite : «À ce jour, pas moins de 3 décisions de justice et 1 décision administrative nous donnent raison. Jamais un conflit n’aura été aussi victorieux sur le terrain judiciaire. À l’inverse, aucun des éléments invoqués par la Direction n’a jamais été corroboré. Ce niveau d’offensive policière vise à criminaliser le militantisme syndical et à imposer au mouvement ouvrier de baisser la tête».

C’est pourtant Christian Porta qui sera convoqué mardi 4 juin à la gendarmerie de Folschviller à 8h30 pour un placement en garde à vue. Incroyable mais vrai : «Les gendarmes sont venus chez moi à 9h du matin pour me remettre une convocation pour mardi, en me disant que je serais placé en garde-à-vue ! Le gendarme m’a confirmé que c’était en lien avec Neuhauser, donc ça fait probablement suite aux plaintes de la direction contre moi» explique Christian Porta au média Révolution Permanente. Les forces de l’ordre directement au service du patronat pour harceler un syndicaliste, le message adressé par le pouvoir peut difficilement être plus clair.

La direction ne voudra rien lâcher tant qu’elle n’y sera pas obligée, au point de menacer de fermer l’usine le 23 mai dernier. Heureusement Christian Porta compte de nombreux soutiens, signataires d’une tribune sur Médiapart, et qui seront nombreux à l’accompagner mardi à la gendarmerie de Folschviller.

Faire un don à Contre Attaque pour financer nos articles en accès libre.

Une réflexion au sujet de « Christian Porta : syndicaliste persécuté par un géant de l’agro-industrie »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *