Salon de l’armement Eurosatory : les entreprises israéliennes finalement autorisées ?


La France a armé les drones tueurs israéliens. Le tribunal de commerce de Paris annule l’exclusion des sociétés israéliennes du salon de l’armement parisien Eurosatory. Un nouveau recours examiné ce mardi après-midi.


Un drone militaire que l'on pourra retrouver au salon Eurosatory

C’est le plus grand salon mondial de l’armement, et il a actuellement lieu près de Paris. Eurosatory, c’est le grand rendez-vous annuel des marchands d’obus et des buveurs de sang de la planète, dont l’affiche annonce cyniquement «protect your future» dans un monde dont le futur est menacé par les guerres. Du 17 au 21 juin 2024, au parc des expositions de Paris Nord Villepinte, il réunit plus de 1800 exposants, 90 pays, 98.000 visiteurs et professionnels, et 500 nouveaux produits et systèmes doivent y être dévoilés. Et parmi ces vendeurs de mort, 74 entreprises israéliennes étaient attendues.

Le 31 mai, face au scandale absolu que constituait cette présence, et face à la mobilisation montante, le gouvernement français annonçait qu’il n’y aura aucun stand de l’industrie de défense israélienne sur le salon. Cette annulation de la présence israélienne dans le grand supermarché parisien de la guerre était un premier succès symbolique.

Le 14 juin, nouvelle victoire en justice. Différentes organisations assignaient les organisateurs d’Eurosatory et obtenaient que l’ensemble des visiteurs, délégations et intermédiaires potentiels d’Israël soient bannis par la justice.

Mais cela vient de tomber. L’avocat Patrick Klugman, fanatiquement pro-Israël et avocat de la Chambre de commerce France-Israël se réjouit : « Saisi en référé d’heure à heure, le Président du Tribunal de commerce de Paris vient de juger que la mesure d’exclusion des société israéliennes de Eurosatory est discriminatoire. Il a ordonné de la faire cesser».

Le tribunal de commerce de Paris autorise donc les 74 entreprises d’armement à exposer au salon de Villepinte. Mais l’annonce de cet avocat est partiellement mensongère, car le collectif Stop Arming Israël précise que «la décision initiale du tribunal de Bobigny prévaut sur celle du tribunal de commerce. C’est donc bien au jugement de la cour d’appel que la décision finale est suspendue». Et ce jugement sera rendu ce mardi dans l’après-midi.

Cette décision absolument ignoble tombe le jour même où les médias indépendant Disclose révèle que l’entreprise française Thales a livré des équipements à Israël pour ses drones armés… Et cela au début de l’année 2024, quand les preuves de génocides et de famine organisée à Gaza étaient connues de tous, et mises en cause par la Justice International.

Concrètement, le groupe Thalès a vendu des transpondeurs, c’est à dire des boîtiers de communication ultra-légers, prévus pour intégrer les drones Hermes 900. Il s’agit des engins volants tueurs extrêmement sophistiqués de la flotte israélienne, avec une autonomie de 30 heures en vol à 9000 mètres d’altitude. Ces drones armés sont utilisés tous les jours dans l’offensive à Gaza pour repérer des cibles, surveiller et tirer.

Le Ministre des armées avait pourtant juré au parlement que la France n’exportait vers Israël aucune «arme proprement dite» et que le gouvernement avait une «vigilance particulière en fonction du matériel dans lequel ils seront intégré». C’était un mensonge, un de plus.

Les firmes qui arment le génocide risquent donc de pouvoir exposer tranquillement dans le plus grand supermarché de la guerre au monde, et les vendeurs de morts israéliens pourront finalement y être reçus avec les honneurs. Sauf si un ultime recours fait tomber cette autorisation.

Des mobilisations sont prévues contre ce salon de la honte toute la semaine, notamment par Stop arming Israël.


Le programme à retrouver ici.

L’enquête de Disclose.

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