Un militant juif français pour la paix convoqué pour “apologie du terrorisme”


«C’est la première fois qu’une association juive, qui combat le racisme sous toutes ses formes et qui œuvre pour une paix juste et pour l’égalité des droits en Israël-Palestine est visée»


Une banderole de l'UJFP

Dans le renversement total et sidérant du réel que nous vivons actuellement, l’extrême droite pétainiste accuse la gauche d’antisémitisme, et des militants juifs et juives anticolonialistes peuvent être convoqués pour apologie du terrorisme !

Si les médias français donnent la parole en permanence aux porte-paroles de Tsahal et aux relais français de la propagande israélienne, on n’entend jamais la parole des juifs et juives de France solidaires du peuple palestinien. Comme s’il y avait, dans la communauté juive, un consensus pour soutenir l’État colonial et ses crimes.

Pourtant, depuis 30 ans, l’Union Juive Française pour la Paix milite pour le droit du peuple palestinien, contre le racisme et contre l’occupation israélienne. Ses membres ont, pour certains, des proches ayant été déportés ou ayant subi les persécution du régime de Vichy. Depuis le début des bombardements de Gaza, ces militant-es sont mobilisé-es et subissent la répression.

Le 7 juin 2024, le directeur de publication du site de l’UJFP a été «convoqué du jour au lendemain sous menace de garde à vue s’il refusait de s’y présenter ; il a été à nouveau convoqué précipitamment du jour au lendemain il y a quelques jours. L’audition a eu lieu vendredi 21 juin 2024» explique l’organisation.

L’UJFP rappelle que «les plus hautes instances internationales condamnent Israël pour ses très graves atteintes au Droit international. La Cour Internationale de Justice, le 26 janvier 2024, a reconnu un risque plausible de génocide à Gaza avec plusieurs mesures conservatoires qui n’ont nullement été respectées. Le procureur de la Cour Pénale Internationale a fait une demande de mandat d’arrêt international à l’encontre de Netanyahou et de son ministre de la Défense, Yoav Gallant».

À Strasbourg le 13 octobre dernier, Jean-Claude, militant juif pour la paix âgé de 79 ans au moment des faits ans avait été embarqué pour avoir simplement été présent dans l’espace public lors d’une manifestation pour la Palestine. Perrine, soixantenaire et autre militante de l’UJFP, mais aussi porte-parole du Collectif Judéo-Arabe et Citoyen pour la Palestine, avait aussi passé 48h en garde à vue, avant d’être convoquée pour un procès… Un membre de l’UJFP a aussi été interpelé à Marseille. Pendant que les relais de l’État sioniste peuvent menacer, violenter et diffamer en toute impunité, les juifs et juives français qui s’opposent aux crimes coloniaux sont persécutés, censurés, enfermés.

Ainsi, la poursuite d’un militant juif anticolonialiste pour «apologie du terrorisme» est une étape supplémentaire dans l’ignominie. Ces voix courageuses doivent être soutenues face à la répression et entendues.


La page Facebook du collectif : Union Juive Française pour la Paix UJFP

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