Les services de renseignement travaillent avec les fascistes


Les services de renseignement français – c’est-à-dire la police politique – collaborent ouvertement avec un média fasciste. Le média «Frontières», autrefois baptisé «Livre Noir», diffuse ce mardi 9 juillet «en exclusivité» la fiche S du nouveau député de gauche Raphaël Arnault.


La fiche S de Raphaël Arnault publié par les services de renseignement, qui travaillent avec les fascistes

«Livre Noir» est un média identitaire et pro-Poutine, fondé en 2021 par Erik Tegnér, avec le soutien financier de riches mécènes d’extrême droite, pour pousser la candidature de Zemmour à la dernière présidentielle. Il a notamment embauché le youtubeur fasciste Georges Matharan qui estimait encore le 13 juin dernier, sur le plateau de LCI que la police devait «buter d’abord» les personnes qui font un refus d’obtempérer. En octobre 2023, le secrétaire général du «Livre noir» était condamné pour des violences sur sa compagne. En juin 2024, le média s’est rebaptisé «Frontières» et disait vouloir «peser encore davantage dans le paysage médiatique».

C’est à ce média que des policiers du renseignement ont envoyé la fiche S de Raphaël Arnault, alors que ce document est sensé rester confidentiel. La fiche S est un document interne aux services de police et très opaque. N’importe quel policier du renseignement peut délivrer une fiche S, non signée à propos d’un militant qu’il a dans le collimateur.

Darmanin indiquait en octobre dernier que «près de 10.000 personnes étaient suivies pour leur appartenance à l’ultra-gauche dont 3000 fichées S». Comment se présente une fiche S concrètement ? C’est une note anonyme, qui peut mentionner des faits banals, tels que : «Monsieur X a participé à une manifestation contre les mégabassines et présente un risque». Dans le cas de Raphaël Arnault, c’est très vague, il serait “susceptible de se livrer à des actions violentes”. Un militant d’Extinction Rebellion qui avait bloqué le tour de France en 2022 de façon non violente avait par exemple une fiche S. En mars 2023, la police politique faisait fuiter que les deux manifestants de Sainte-Soline, dans le coma après avoir reçu des grenades, avaient des fiches S.

La fiche S n’a aucune valeur légale, n’est pas une condamnation et ne prouve rien, à part que la police française fiche des opposants politiques. Mais dans les médias, elle sert à discréditer et salir les personnes fichées, à insinuer que, si elles sont surveillées, c’est qu’elles sont dangereuses, ou qu’elles ont «bien mérité» de se faire arrêter ou blesser. En réalité, c’est le fait de ne pas être fiché S quand on s’engage dans les luttes sociales et écologistes qui est suspect. Tout responsable de gauche devrait être fiché S.

Revenons à cette collaboration assumée entre les services de renseignement et le média «Frontières». C’est une preuve de plus de la collusion assumée entre police et extrême droite, et la démonstration que toutes les barbouzeries et les coups tordus de la police politique sont possibles. Il y a quelques jours, le chef du syndicat policier Alliance, le premier de la profession, appelait à voter RN et alertait ses adhérents sur «la menace de voir l’extrême gauche au pouvoir».

Si les renseignements français donnent avec aussi peu de complexe des infos confidentielle sur un élu aux fascistes, on n’ose imaginer quelles informations ils peuvent faire fuiter secrètement… On parle de services qui connaissent les noms, les adresses et la vie privée de dizaines de milliers de militants et militantes écolos, anti-racistes et anticapitalistes…

Quiconque au Front Populaire croit encore qu’il est possible en France d’avoir un gouvernement de gauche, même social-démocrate, et de passer des réformes sociales sans risque de sédition policière se trompe lourdement. La police doit être démantelée pour des raisons de sécurité.


Le risque réel, c’est un scénario à la chilienne, avec un coup de force policier et militaire en cas de gouvernement Front Populaire. Rappelons nous qu’en 1973, le général Pinochet avait renversé le président de gauche Allende et tué des milliers de syndicalistes et d’opposants politiques, soi-disant pour rétablir l’ordre et empêcher la bordélisation du Chili.


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