L’horreur quotidienne ne s’est jamais arrêtée à Gaza, en dépit du prétendu «cessez-le-feu»

Au début de l’opération génocidaire à Gaza, il y a plus de deux ans, les bombardements israéliens d’écoles, d’hôpitaux ou d’abris suscitaient encore des condamnations internationales. Aujourd’hui, malgré un «cessez-le-feu» démarré le 10 octobre dernier, les crimes de guerre continuent dans l’indifférence générale.
Le 19 décembre, un char de l’armée israélienne a tiré des obus sur une école transformée en abri pour les gazaouis dont les maisons ont été détruites. Ce tir a eu lieu dans le quartier d’Al Tuffah, à l’est de la ville de Gaza, lors d’un mariage. Les soldats coloniaux ont ainsi assassiné six palestinien·nes et en ont blessé cinq autres. Parmi les victimes, un bébé de quatre mois, une adolescente de 14 ans ainsi que deux femmes, selon le directeur de l’hôpital al-Shifa. Lors des funérailles, qui ont eu lieu le 20 décembre, un membre de la famille décimée déclarait : «Ce n’est pas une trêve, c’est un bain de sang, nous voulons que ça s’arrête».
En effet, il n’y a jamais eu de réel «cessez-le-feu» à Gaza. Les crimes contre la population palestinienne ont toujours lieu quotidiennement. En 80 jours de soi-disant trêve, qui auraient dû officiellement garantir un arrêt des combats et l’entrée d’aide humanitaire, Israël a tué au moins 401 palestinien·nes.
Parmi les atrocités commises pendant ce «cessez-le-feu», l’assassinat d’une fillette de 3 ans, Ahed al-Bayouk, qui a été abattue dans la zone côtière de Mawasi, au sud de Gaza le 8 décembre. Pour justifier les tirs, l’armée israélienne l’avait accusée de s’être approchée de la «ligne jaune», qui démarque une zone dans laquelle l’armée israélienne devait se retirer après le 10 octobre dernier.
Non seulement Israël tire à vue depuis cette position et bloque la libre circulation d’aide humanitaire, mais le chef d’état-major de l’armée coloniale a annoncé que cette «ligne jaune» allait devenir la «nouvelle frontière» avec Israël. Une violation flagrante de l’accord, qui prévoyait que cette ligne devait être temporaire. Si cette limite se transformait en frontière, le territoire de Gaza, déjà dévasté, perdrait environ 53% de sa surface.
Les conditions de survie épouvantables dans lesquelles sont maintenu·es les survivant·es palestinien·nes provoquent d’autres drames par ricochet. La semaine dernière, il a beaucoup plu sur Gaza, provoquant des inondations, car les infrastructures et systèmes d’évacuation sont détruits. Des centaines de milliers de personnes sont entassées dans des tentes de toile, fragiles et exposées au vent.
La tempête survenue le 15 décembre a déplacé, inondé ou emporté plus de 27.000 tentes. Les vêtements et outils essentiels de nombreuses familles ont disparu. Des enfants marchaient pieds nus dans la boue. En parallèle, les bâtiments en ruine menacent de s’écrouler. Le vent aurait fait s’effondrer 13 d’entre eux lors de la tempête. 14 personnes sont décédées lors de ces intempéries.
«Avec les fortes pluies et le froid apportés par la tempête Byron, des habitants de la bande de Gaza meurent de froid», s’alarmait le 15 décembre le chef de l’agence de l’ONU chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA). Si les précipitations surviennent parfois en cette saison sur ce territoire, c’est bien l’état de dévastation de toute la zone qui rend les habitant·es très vulnérables.
Le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 100.000 enfants risquent toujours de «souffrir de malnutrition aiguë jusqu’en avril prochain».
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