Trump promet de s’emparer du Groenland, proclame que «personne ne peut l’arrêter», Elon Musk menace de mort le président colombien, Nicolas Maduro exhibé dans les rues de New York après son enlèvement…

«Cette chose incroyable hier soir… Nous devons le refaire dans d’autres pays. Nous pouvons le refaire aussi. Personne ne peut nous arrêter» a martelé Donald Trump, au lendemain de son attaque contre le Venezuela. Ce milliardaire d’extrême droite, lunatique et enivré de toute puissance, est à la tête du premier appareil militaire de la planète. Il est la principale menace pour la paix mondiale, et nos dirigeants continuent de le soutenir.
Macron a deux fonctions. La première consiste à être un tyran arrogant et violent avec sa propre population, qu’il martyrise depuis quasiment 10 ans. La deuxième est d’être la dernière des flaques de boue devant les hommes puissants de ce monde. À chaque occasion, il s’aplatit avec la plus grande des soumissions devant les milliardaires crapuleux et les criminels d’État comme Netanyahou ou Trump. Fort avec les faibles, faible avec les forts.
Ainsi, il a vivement félicité Trump pour avoir bombardé et enlevé le président du Venezuela il y a deux jours. Macron pensait peut-être jouer dans la même cour que Trump, et trouver de la connivence. Il a immédiatement été humilié : les USA ne s’arrêteront évidemment pas là, et promettent d’attaquer l’Europe sans aucun scrupule. Ceux qui, en France et ailleurs, s’excitent de l’usage de la force brute par les USA sont des collabos qui en seront eux-mêmes victimes.
Vers l’annexion du Groenland
Il l’avait dit pendant sa campagne électorale, il va le faire, c’est même sa prochaine étape. Trump vient de déclarer : «On s’occupera du Groenland dans environ deux mois… Nous avons besoin du Groenland pour des raisons de sécurité nationale. C’est tellement stratégique… Et le Danemark ne sera pas capable d’assurer cela. Vous savez ce que le Danemark a fait récemment pour renforcer la sécurité au Groenland ? Ils ont ajouté un traîneau à chiens de plus. Ils ont pensé que c’était une excellente décision».
La veille, il disait déjà que l’annexion du Groenland par les USA était «indispensable». Au même moment, Katie Miller, femme du directeur de cabinet de la Maison Blanche, partageait une image de la carte du Groenland recouverte du drapeau des USA avec le message : «Bientôt». En mars dernier, le vice président J. D. Vance s’était rendu au Groenland, au mépris des dirigeants du territoire arctique et du gouvernement danois, qui lui ont répété qu’il n’était pas invité et qu’il n’était pas le bienvenu. Ce qui semblait à l’époque être une provocation est désormais très sérieux.

Jesse Watters, chroniqueur de Fox News traduisait la pensée de Trump le 23 décembre : «Nous n’avons pas besoin d’amis. Si nous devons franchir le Rubicon avec le Danemark pour prendre le Groenland, nous sommes des grands garçons. Nous avons largué des bombes atomiques sur le Japon et maintenant ils sont nos alliés…»
C’est une politique impériale et expansionniste – comme le faisait Hitler en annexant les Sudètes et l’Autriche, comme Poutine en Ukraine ou la Turquie en Arménie – au détriment des habitants du Groenland, qui ont répété qu’ils ne voulaient pas le la tutelle US. C’est aussi une attaque frontale contre le Danemark, et donc l’Union Européenne. C’est la première fois qu’un membre de l’OTAN, l’alliance militaire occidentale, menace un autre État membre. Trump annonce qu’il est prêt à dépecer ses propres alliés, ses plus fidèles vassaux !
Le Danemark a participé à toutes les guerres étasuniennes, a toujours suivi l’empire comme un bon chien, et va désormais se faire manger. Trump a raison, qui pourra l’arrêter ? Les USA peuvent contrôler et stopper à distance le fonctionnement des avions de guerre qu’ils ont vendu aux européens, par exemple. Ne pas expulser immédiatement les diplomates étasuniens d’Europe et rompre tous les contrats, en particulier d’armement avec ce pays, relève désormais de la haute trahison.
Menaces de mort contre le président colombien
Gustavo Petro, président colombien élu en 2022, ancien guérillero et militant de gauche, a exprimé sur Twitter sa «profonde préoccupation» concernant l’attaque du Venezuela, et a longuement développé sur le fait que «la Colombie réaffirme son attachement indéfectible aux principes inscrits dans la Charte des Nations Unies». Une position réservée, minimale, rappelant des fondamentaux.
Elon Musk a répondu en trois mots : «Plata o plomo». L’argent ou le plomb, accompagné de la photo du président vénézuélien arrêté et embarqué. Plata o plomo, c’est le chantage mafieux entre le racket et la mort. Soit vous nous vendez votre pays, soit on vous exécute. C’est aussi une référence au trafiquant colombien Pablo Escobar, l’expression ayant été largement popularisée dans le monde anglo-saxon par la série qui lui a été consacrée. La veille Trump disait que le président colombien devrait «faire gaffe à ses fesses». Trump a également affirmé que la Colombie serait dirigée «par un homme malade qui aime faire de la cocaïne et la vendre aux Etats-Unis», et qu’il «ne va plus le faire pour très longtemps». La Colombie est l’un des derniers pays latino-américains de gauche, et non aligné sur les USA.
Musk et le clan Trump assument donc de se comporter en chefs mafieux qui intimident et menacent de mort tous les gouvernements élus d’Amérique Latine.
Les jours de Cuba sont «comptés»
Linsey Graham, sénateur Républicain, ricanait à la télévision avec le coup au Venezuela : «Attendez de voir ce qui se passera à Cuba. Leurs jours sont comptés». Le secrétaire d’État de Trump, Marco Rubio, est lui-même issu de la communauté cubaine installée à Miami, il s’agit des familles ayant fuit le régime de Fidel Castro après la chute du dictateur pro-USA Batista, et qui vouent une haine féroce au système cubain, rêvant de le renverser depuis des décennies. Un lobby cubain d’extrême droite anti-Castro est donc au cœur du pouvoir militaire US, et ne cache plus son envie d’attaquer l’île une nouvelle fois, pour y prendre le pouvoir. Parmi les fanatiques pro-Trump sur les réseaux sociaux, on parle même d’une annexion de l’île.
Triomphe romain
Dans l’Empire romain, les légions paradaient dans Rome avec les chefs «barbares» vaincus et capturés, par exemple Vercingétorix, enchaîné derrière le char de César, avait été exhibé au cœur de la capitale impériale avant d’être emprisonné et mis à mort.

Nicolas Maduro, enlevé au Venezuela puis transféré aux USA, a été exhibé de la même manière. Après son arrivée à New York le 4 janvier, son convoi vers la prison entouré de véhicules militaires, a été largement mis en scène, sirènes hurlantes, accompagné de journalistes, avec un van portes ouvertes et illuminé comme dans une boite de nuit, rempli d’hommes cagoulés qui dansaient et donnaient des coups de klaxon. Un remake obscène et contemporain des triomphes.
À qui le tour ?
«Le Venezuela ne sera peut-être pas le dernier pays à subir une intervention américaine» annonce Trump le sourire aux lèvres. Demain le Groenland ? La Colombie ? Le Mexique ? Le Panama ? Qui l’arrêtera ? Et qui pourra désormais condamner la moindre guerre d’agression, en Ukraine ou ailleurs, puisque tout l’occident vient d’applaudir Trump ?
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