Paris : un homme meurt en garde à vue dans un commissariat après une interpellation ultra-violente


Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2026, un homme a perdu la vie entre les mains de la police dans un commissariat parisien. Il s’appelait El Hacen Diarra. Il était originaire de Mauritanie et avait 35 ans.


Une image de l'interpellation et un graffiti pour rappeler qu'El Hacen Diarra a été tazé et tué par la police.

Selon la version policière, Hacen Diarra aurait été interpellé dans la soirée du 14 janvier par des agents des Brigades territoriales de contact qui l’auraient vu rouler un joint de cannabis. Toujours selon la police, la victime se serait rebellée lors de son interpellation. Une accusation et une stratégie connues pour justifier et maquiller des exactions policières à posteriori.

Une vidéo d’un témoin montre l’arrestation de El Hacen Diarra. Elle est violente et choquante. On voit le trentenaire gémir face contre terre, subir le poids d’un policier sur le tronc tandis qu’un autre fonctionnaire lui assène des coups de pied au visage. Un autre témoignage affirme que l’endroit où a été El Hacen était maculé de sang.

Dans le rapport de police, on apprend aussi que les forces de l’ordre ont fait usage de «leur pistolet à impulsion électrique, « en mode contact » au niveau du mollet, pour le maîtriser». Les décharges de ces armes peuvent atteindre jusqu’à 50.000 volts. L’agence Reuters recensait déjà en 2017 plus de 1000 personnes mortes aux États-Unis «après avoir été neutralisées par la police avec un Taser».

En France aussi, le Taser vole des vies régulièrement. En janvier 2024 en Seine-Saint-Denis, un homme de 30 ans, père de famille, a été tué par une série de décharges. Pas moins de 18 agents avaient été envoyés contre cet homme décrit comme «agité» dans une épicerie. 6 policiers avaient fait usage de leurs pistolets électriques, pour 10 tirs. Une série d’impulsions allant bien au delà de ce qu’un corps humain peut supporter. Après deux arrêts cardiaques, la victime était déclarée morte.

Même scénario au commissariat de Rouen dans la nuit du samedi 16 au dimanche 17 novembre 2024. La police avait été appelée à la suite de «l’appel d’un voisin» qui s’inquiétait du bruit et avait interpellé un homme «agité» selon la version officielle. Les agents ont reconnu lui avoir tiré deux coups de Taser «à bout portant». Dans le hall d’accueil du commissariat, la victime de 38 ans a fait un arrêt cardiaque. Une affaire qui ressemble très fortement à celle qui vient d’arriver à Paris.

Le décès d’El Hacen a peut-être aussi été provoqué par les coups et l’écrasement lors de son arrestation. La technique du «plaquage ventral», qui consiste à maintenir une personne au sol, sur le ventre, avec le poids d’un ou plusieurs agents sur le dos, a déjà coûté la vie de plusieurs personnes, notamment celle de Cédric Chouviat en 2020, dont les derniers mots ont été «j’étouffe», ou celle d’Adama Traoré. Et les coups portés n’arrangent rien. Ainsi, la combinaisons de techniques violentes et potentiellement mortelle n’a pas laissé de chance à El Hacen.

Ce dernier a été emmené ensuite au commissariat du XXème arrondissement de Paris, l’arcade explosée et en état de choc. La police l’a placé en garde à vue pour «détention de résine de cannabis». C’est dans l’attente de son transport à l’hôpital qu’il serait «tombé du banc où il était installé». Il décédera malgré l’intervention des secours.

En 2024, 8 personnes sont décédées en garde à vue. 65 sont mortes lors d’interventions policière, un record, le bilan pour 2025 n’est pas encore établi. Entre 2005 et 2025, au moins 560 personnes ont trouvé la mort au cours d’une mission des forces de l’ordre. La famille et les amis de El Hacen Diarra sont dévastés. Et l’année 2026 commence comme l’année 2025 s’était terminée.

Dimanche 18 janvier, des centaines de personnes ont rendu hommage au défunt, au pied du foyer de travailleurs migrants où il résidait, et devant lequel il a été interpellé, à deux pas du cimetière du Père-Lachaise.

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