Les titres de la presse auxquels vous avez échappé


Le 17 février, nos grands quotidiens de la presse écrite, phares de l’accès à l’information, condition essentielle de la démocratie, se sont surpassés.


"Peintre, amoureux des animaux : Adolf, un humaniste incompris" et "Libération de Paris, la violence politique jusqu'au meurtre" : les titres qu'auraient pu écrire les rédactions du Figaro et de Libération à une autre époque pas si lointaine.

Le Figaro a publié un article complet consacré à un portrait élogieux de Quentin Déranque, présenté comme un «catholique lynché pour ses idées». Quasiment un Saint martyrisé des premiers siècles.

Son auteur, Paul Sugy, assure sur les réseaux sociaux qu’il ne faut pas parler de rixe à Lyon, seuls des «antifas» diaboliques auraient commis des violences par pure méchanceté.

Dans son article, Le Figaro réussi l’exploit de ne jamais écrite le terme «extrême droite» une seule fois ! Selon Paul Sugy, Quentin préférait «la confrontation des idées à celle des poings». Ce n’est pas ce que montrent les vidéos. Le défunt est décrit comme «discret» et «humble». Il était en revanche généreux en coups de poings. Paul Sugy écrit même que le Bastion social, groupuscule fasciste violent, est un «groupe nationaliste tourné vers l’aide humanitaire» ! Oui, vous avez bien lu. En 1933, Le Figaro aurait peut-être décrit un certain moustachu autrichien comme étant un aquarelliste aimant les animaux.

Libération ne fait guère mieux, et participe à l’offensive généralisée contre l’antifascisme et la gauche. Sa Une est barrée du titre : «Mort de Quentin D. la violence politique jusqu’au meurtre».

Libération a déjà condamné les antifascistes avant même le jugement et l’enquête, puisque le journal parle de «meurtre», c’est-à-dire d’homicide volontaire avec l’intention de tuer. On a connu Libération beaucoup plus timide pour qualifier d’autres affaires.

En sous-titre, Libération dénonce les «antifas» qui ont commis un «lynchage», et égratigne LFI.

Nul doute que la rédaction de ce journal – qui porte décidément bien mal son nom – aurait condamné la Résistance et la «violence politique meurtrière » des combattants antifascistes, coupables de « lyncher » des soldats allemands.

L’extrême droite invente un narratif. Le gouvernement le reprend et l’amplifie. Et la presse le relaie sans aucun recul. Vous êtes bien en France, en 2026.

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