Le cauchemar est sans fin pour les voisins de Netanyahou. Le sud du Liban appelé à être évacué.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser en lisant la plupart des médias, Israël n’a pas attendu la première roquette du Hezbollah dans la nuit du 1 au 2 mars pour pilonner le Liban sud et sa capitale. En effet, en novembre 2025 la FINUL, les casques bleus déployés sur place, recensaient déjà plus de 10.000 violations du cessez-le-feu mis en place un an plus tôt. Ces violations sont de natures diverses : incursions terrestres et bombardements aériens, pilonnages d’artillerie, démolition d’infrastructures au sol, ouvertures de feu en direction de populations civiles, enlèvements, immeubles piégés ainsi que déploiement de positions militaires sur le territoire libanais.
Le cessez-le-feu prévoyait un retrait total des terroristes de Tsahal du sud Liban et le démantèlement des forces du Hezbollah par l’armée libanaise, dans une zone tampon de 30 kilomètres imposée par Israël, allant de la frontière sud au fleuve du Litani. Autant vous dire que le premier point cité n’a jamais été respecté. Les israéliens n’ont jamais quitté le Liban depuis 2 ans. Quant au deuxième point, il ne va forcément pas assez vite pour les USA et leurs alliés, ce qui justifie un bombardement de la région sud quasi continu depuis ce fameux cessez-le-feu.
Le premier février dernier, Israël a de nouveau innové dans la barbarie dont elle est capable, en répandant le long de la frontière un herbicide archi-cancérigène : du glyphosate envoyé sur des terrains boisés, oliveraies et vergers, à des doses hyper concentrées. L’objectif affiché : empoisonner le sol et détruire la végétation pouvant dissimuler des opérations de guérilla. Une opération destinée à transformer le Sud Liban en désert. «Il s’agit à 100% de glyphosate, qui dépasse de 30 à 50 fois les doses habituelles utilisées dans l’agriculture», selon le ministre libanais de l’Agriculture, Nizar Hani, pour Reporterre. La zone contaminée représente 540 hectares.
Cette méthode écocidaire et cruelle rejoint les armes chimiques tel que le phosphore blanc, qu’Israël déversait déjà au Liban comme à Gaza afin de rendre les terres incultivables et détruire les arbres qui pourraient servir d’abri aux combattants. Israël a depuis longtemps rejoint la liste des pays ayant recours aux armes chimiques pour imposer son combat et atteindre ses ambitions expansionnistes.
Après avoir énuméré tout cela, il n’aura suffi à Israël que d’un engagement des USA dans la guerre en Iran pour obtenir le beurre et l’argent du beurre. Comprenez : l’Iran et le Liban. Dans une missions suicide, le Hezbollah a jeté ses dernières forces dans une bataille perdue d’avance afin de venger son guide suprême. Au milieu de cette confrontation, se trouvent comme toujours les civils libanais. Il n’en fallait guère davantage pour offrir un boulevard à un narratif médiatique prompt à légitimer, une fois encore, l’acharnement contre un Liban dont la résilience même semble désormais relever de l’énigme. Une résilience qui est à la fois sa pire et sa plus grande force.
Ainsi, ce mercredi 4 mars, le porte-parole de Tsahal a ordonné à la population du sud Liban d’évacuer immédiatement la zone afin de préparer une «nouvelle» invasion qui n’avait jamais vraiment été interrompue. Et une nouvelle fois, malgré la fin actée de son mandant l’an prochain, la FINUL ne servira qu’à colorer la région d’un bleu fade et superficiel, symbole de l’abandon du Liban et de son peuple par les pays occidentaux, le laissant démuni face à son voisin du sud. Plus de 900.000 libanais et libanaises sont concernées par cet ordre d’évacuation.
Depuis le 2 mars, au moins 72 libanais·es sont mort·es et des centaines d’autres ont été blessé·es. Plus de 58.000 personnes ont été déplacées, en exil dans un pays continuellement au bord du gouffre, harcelé sans cesse par un État génocidaire soutenu par un pays impérialiste dont la cruauté n’est plus à démontrer.
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