Tours : la police éborgne un lycéen


Un jeune homme hagard, assis par terre dans une marre de sang. Puis un mouvement de panique : une charge policière sur les amis du blessé qui l’entouraient. C’est ce que montre une vidéo publiée ce mercredi 30 septembre sur les réseaux sociaux. Voilà le niveau de barbarie qui est imposé à des adolescents par le régime.


Un jeune homme hagard, assis par terre dans une marre de sang : à Tours, ce lycéen a pris une balle de LBD dans l'œil.

Ce mercredi, de nouvelles images effroyables arrivent de toute la France, celle d’une jeunesse écrasée par une police armée et sans limite. À Tours, les deux grands lycées de la ville, Balzac et Paul-Louis Courier, étaient mobilisés ce matin dans le cadre d’un mouvement social pour réclamer des conditions d’enseignement correctes et un avenir qui vaut la peine d’être vécu. C’est dans ce cadre qu’un jeune homme a été touché à l’œil par un tir de LBD.

Un de ses amis témoigne dans L’Humanité, la voix encore nouée : «Ils nous ont chargé de loin. On lançait rien, on était dans notre droit. Il y avait un ami à moi qui était posé, il faisait pas de mal, il était sur son téléphone. Un policier lui a tiré un Flash-Ball droit dessus. C’était vraiment tout droit. Il l’a pris en plein dans l’œil. Il s’est écroulé par terre en saignant, en se tenant l’œil. On a fait un regroupement autour de lui et les policiers ont continué à nous tirer dessus».

Les syndicats La Force lycéenne et Solidaires de Tours viennent de publier un communiqué, pour dénoncer la «violence extrême envers des enfants qui protestaient pour des conditions dignes. L’un d’entre eux a visé la tête des enfants dont un qui a perdu son œil, d’autres ont foncé en voiture droit sur des lycéens qui tentaient de fuir».

Le texte rappelle que la police de Tours est coutumière de violences d’État contre la jeunesse : il y a moins de deux semaines, une voiture de police fonçait volontairement sur un jeune à moto en banlieue de la ville. Le 10 septembre 2025, dans le cadre du mouvement «Bloquons tout», la police avait «roulé sur la jambe d’un manifestant, gazé et tabassé des lycéens».

Au moins deux mineurs ont été mutilés au visage par les forces de l’ordre depuis 48 heures : Eden, 14 ans, à Saint-Ouen L’Aumône. Il a reçu une grenade en tir tendu qui lui a explosé la mâchoire, et le jeune lycéen de Tours. Et pendant ce temps, l’intégralité du spectre médiatique justifie la répression en cours.

Allons-nous regarder nos petits frères et sœurs, nos amis, nos enfants subir indéfiniment cette barbarie ? Que faut-il pour que les direction syndicales appellent à la grève générale immédiate ? Pourquoi le pays entier n’est-il pas encore à l’arrêt ?

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