
L’année dernière, l’administration Trump publiait un décret pour démanteler l’USAID, l’agence américaine d’aide au développement. Une institution qui gérait des milliards de dollars d’aide à travers le monde afin d’organiser des programmes humanitaires. Sur ordre d’Elon Musk, cette agence avait été fermée de façon soudaine et ses employés avaient reçu l’ordre par courrier électronique de ne plus se rendre à leur bureau. Parmi les programmes supprimés, celui visant à distribuer des moyens de contraception.
En juin 2025, les USA ordonnaient la destruction du stock de contraceptifs financés par USAID : puisque l’institution était supprimée, autant éliminer aussi tout son matériel plutôt que de le distribuer. En toile de fond de cette décision ubuesque, une croisade contre les femmes. Dès son élection, Trump avait pris une série de mesures pour limiter le droit à l’avortement, déjà fortement remis en cause depuis 2022 et l’annulation de l’arrêt fédéral Roe vs Wade. Il avait notamment supprimé les subventions publiques aux organisations qui défendent, conseillent ou pratiquent des avortements à l’étranger et gracié des militants anti-avortement.
Ces contraceptifs devaient être envoyés un peu partout dans le monde, et représentent une valeur de 10 millions de dollars. Ils étaient «destinés à 1,4 millions de personnes, notamment dans des pays africains où l’accès aux soins de santé sexuelle et reproductive est limité et, dont certains font face à des crises humanitaires majeures, comme en République Démocratique du Congo», explique Amnesty International.
Depuis plus d’un an, 24 containers remplis de millions de contraceptifs tels que des pilules, implants et stérilets sont ainsi bloqués dans des entrepôts en Belgique. Ce matériel devait être incinérés en France si le gouvernement donne son accord. Pour le moment la situation est bloquée, et une série de recours ont été déposés pour éviter cette destruction, car cette opération serait contraire au droit européen.
Mais le temps presse : la plupart des contraceptifs ne sont valables que jusqu’en 2027, et il est urgent de les libérer. De nombreuses organisations humanitaires, féministes et médicales tentent d’empêcher la destruction du stock. Estimant avoir puisé tous les recours juridiques et diplomatiques ces organisations ont voulu visibiliser ce scandale.
Ainsi, le 9 avril, des manifestantes ont organisé un «braquage féministe» devant l’entrepôt de Geel en Belgique, où se trouvent quatre containers. Cagoules roses, fumigènes et faux pieds de biche : il ne s’agit pour l’instant que d’une action symbolique. En attendant, peut-être, une réquisition collective de ces stocks.
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