Saint-Nazaire : la vague antimilitariste monte !


2000 personnes dans les rues de la cité portuaire ce vendredi 8 mai contre le porte-avions et une forte répression policière


Un grand soleil, une maquette de porte-avions de 7 mètres de long, des déguisements, des banderoles chatoyantes venues de tout l’ouest de la France, une foule plurielle réunissant syndicalistes, comités locaux de Guerre à la guerre, jeunesse et organisations diverses. Il y avait foule le 8 mai à Saint-Nazaire contre le projet de porte-avions et l’économie de guerre. C’était probablement la première grande mobilisation antimilitariste dans l’ouest depuis des dizaines d’années, et elle est organisée le jour symbolique de la fin de la seconde guerre mondiale : le 8 mai 1945, le terme d’une épouvantable boucherie militaire mais aussi le début du massacre colonial de Sétif et Guelma en Algérie. 80 ans plus tard, les nuages noirs de la guerre totale, des génocides et de la destruction planent à nouveau sur notre monde.

Pourtant, malgré l’ambiance familiale de cette manifestation annoncée comme joyeuse, une horde de policiers entièrement en noir a lancé une attaque très violente contre le rassemblement pendant que des discours étaient prononcés. Une agression gratuite, par surprise, à coups de matraque et de gaz lacrymogène, qui a fait plusieurs blessés. Et pour quel objectif ? Voler une grosse tête de Macron. Le comité Guerre à la guerre de Caen avait réalisé, dans la plus pure tradition du carnaval, une belle caricature du président avec deux missiles sur la tête en guise de cornes, et vomissant des petits soldats.

Un crime de lèse-majesté inacceptable : se moquer du monarque méritait un tel assaut. Les force de l’ordre sont reparties avec la création ainsi qu’une banderole, après avoir piétiné une femme au sol et blessé un homme âgé, qui a été embarqué et mis en garde à vue. Pour faire le service après-vente, Ouest-France, le journal de la préfecture, parle des fusées explosives sur la tête «dont on ignore si elles étaient factices». Le quotidien prend ses lecteurs pour des demeurés.

Mais cela n’a pas entaché la détermination du rassemblement, qui s’est élancé dans les rues géométriques de cette ville qui fut entièrement rasée pendant la seconde guerre mondiale. Malgré les incessantes provocations de la police, collée au cortège, ce sont 2000 personnes qui ont marché avec le porte-avions et des maquettes de la flottille. Arrivés sur le front de mer, cette fois-ci, les CRS ont créé une bulle de protection ridicule devant un drapeau des États-Unis. Puis ils ont empêché le cortège de descendre sur la plage. Nouvelles provocations pathétiques, auxquelles répondent les slogans «Et la plage elle est à qui ? Elle est à nous !»

Plusieurs frictions ont lieu en bord de mer, avant que le dispositif policier soit forcé collectivement et dans une grande joie. Deux personnes âgées ont néanmoins été frappées au sol. Une fois sur la place, le porte-avions a été mis à feu face à la mer, dans la liesse générale, avant que quelques petites embarcations de carton ne soient mises à l’eau, sous le regard impuissant des CRS ensablés.

Au terme de cette manifestation, tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agissait d’un point de départ réussi contre le chantier pharaonique de porte-avions, projet emblématique de la fuite en avant guerrière, qui va militariser toute la ville et l’estuaire de la Loire pour des années. Prochain rendez-vous : samedi 9 mai à 10h30 pour une vélorution de Nantes à Indret contre l’usine Naval Group, qui va produire les propulseurs nucléaires du porte-avions.

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