«Si le commun des mortels apprenait ce que c’est de vivre sur un tel yacht, il voudrait le rétablissement de la guillotine». Bill Duker, milliardaire états-unien. La lutte des classes et la violence des riches, c’est souvent les possédants, qui en parlent le mieux.

Cette phrase est extraite d’un documentaire diffusé sur M6, il y a quelques jours, «Mega-Yachts : enquête sur la nouvelle passion des milliardaires». Lors d’une séquence, Bill Duker, ex-avocat d’affaires richissime, devenu investisseur sur les marchés financiers, admet sans honte, sourire au coin des lèvres, sur le pont de son palace flottant, que le petit peuple se révolterait s’il avait connaissance de l’opulence dans laquelle se vautrent les milliardaires.
Un instant bref mais limpide, un éclair de lucidité pour Bill Duker, qui était le propriétaire du «Sybaris», un yacht-voilier géant. Le bâtiment mesure 70 mètres de long pour 13 mètres de large et a été livré par l’entreprise italienne, Perini Navi, géant du secteur des super-yachts. Le navire de luxe est maintenant la propriété du roi du Maroc, Mohammed VI.
Les «méga-yachts», ceux mesurant plus de 70 mètres, sont le symbole de la richesse absolue, obscène. Et ils ne se sont jamais aussi bien vendus dans le monde, car le nombre de milliardaires augmente, sur fond d’inégalités croissantes. Et chacun de ces navires engendre une méga-pollution. Un seul méga-yacht consomme en moyenne 2000 litres de carburant par heure, et produit autant de gaz à effet de serre que ce que chaque habitant de la planète devrait émettre en un an pour rester sur un monde habitable. Pour donner une idée de ce vertige, la flotte des 300 plus gros super-yachts en activité émet près de 285.000 tonnes de dioxyde de carbone, soit autant voire davantage qu’un petit pays. Un État comme le Burundi rejette moins de CO² dans l’air.
Ces machines ostentatoires ont un impact ultra-nocif pour le vivant et le climat, sans compter les autres effets indésirables, de la fabrication polluante au bétonnage des côtes pour les accueillir, en passant par la dévastation des fonds marins par les ancres au mouillage.
«Il y a une lutte des classes aux États-Unis, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui a mené la lutte. Et nous sommes en train de gagner» disait Warren Buffet dans une interview accordée à CNN en 2005. L’homme de 95 ans a constitué sa fortune de 143 milliards de dollars sur des opérations de trading. Les puissants mènent une guerre de classes à l’échelle internationale, il n’y a jamais eu autant de concentration de la propriété aux mains d’une infime minorité de parasites. Mais le pire, c’est qu’ils assument.
Il faut croire que les peuples n’inspirent plus assez de peur aux exploiteurs.
SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !
Tous les 15 jours recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque.



