Leur vieux monde face au nôtre : 19 fachos de 70 ans, protégés par une armada de policiers surarmés, face à 500 contre manifestant·es déterminé·es
La ville de Couëron se trouve dans l’agglomération de Nantes, le long de la Loire. C’est une ville de tradition ouvrière et historiquement de gauche, tombée depuis les dernières élections municipales entre les griffes du peu recommandable Axel Casenave, maire « divers droite », élu à deux voix près. À 23 ans ce dernier n’a pas attendu le poids des années pour agir en réactionnaire et son palmarès, en à peine quelques semaines, est édifiant : refus de raccorder un campement de Roms à l’eau potable, plan de coupes budgétaires et de licenciements dans les services municipaux – non sans avoir toute honte bue préalablement doublé, dès le premier conseil, son indemnité de fonction et mettant à disposition une salle municipale au Rassemblement National.
À l’initiative de cette réunion d’extrême droite, un certain Jocelyn Gillet, ancien militant du PS qui, après un passage par la macronie, a finalement posé ses valises au RN — de là à dire que la distance politique entre ces trois partis se réduit à peau de chagrin, il n’y a qu’un pas. Cet opportuniste reconverti dans le néofascisme l’admet : la municipalité de Couëron a été la seule à répondre vite et positivement au RN.
On le voit depuis quelques mois, le parti lepéniste s’échine à exister en Loire-Atlantique, mais que ce soit à Orvault où la députée européenne Angéline Furet a dû annuler sa venue, à Saint-Herblain où la réunion fut décommandée, à Vertou où le pourtant tristement célèbre Sébastien Chenu rencontra à peine 80 personnes : partout autour de Nantes, la mobilisation populaire continue de se faire entendre pour les mettre en échec.
Ce samedi 27 juin, les Couëronnais·es se sont ainsi mobilisé·es en nombre pour protester contre cette réunion. Devant 500 personnes, pendant une heure, les discours s’enchaînent, avec de trop nombreux appels au calme et à la retenue : « pas d’invectives », « ne nous rapprochons pas trop de la salle », « nous sommes pacifistes ». Le traditionnel chapelet socialiste qui ne se prétend antifasciste dans les prises de paroles et ne s’incarne nulle-part ailleurs semble vite fatiguer l’assemblée. Ludovic Joyeux, le malheureux candidat PS, se croit quasiment en meeting de campagne — pour l’anecdote on croisera même quelques drapeaux des Jeunes Socialistes, une espèce que nous pensions disparue depuis longtemps.
Mais après les prises de paroles tièdes, une partie des personnes présentes, dont la jeunesse de la commune, tient malgré tout à faire entendre sa voix au-delà de la place qui fait face à l’hôtel de ville. Le cortège s’élance alors en direction de la salle de « la Fraternité » (sic) et avec lui c’est une toute autre énergie qui se déploie : festive et déterminée à démontrer que les racistes ne sont pas les bienvenus à Couëron.
Les chants antifascistes résonnent dans les rues de la ville, et le jeu du chat et de la souris commence avec les forces du désordre, déployées en nombre autour d’un périmètre de « sécurité » entourant la salle. De petits détours en ruelles, les manifestant·es se rapprochent à quelques mètres de la réunion. Quelques intrépides camarades traverseront même l’église pour contourner la police et tenter d’arriver au pied de la salle. Vexées d’avoir été prises au dépourvu malgré un dispositif invraisemblable (un drone, des camions en veux-tu en-voilà, des dizaines de gendarmes mobiles) les forces du désordre se vengeront à coup de matraques et d’amendes sur trois d’entre eux. Comme d’habitude la police est du côté des fascistes. Ou plutôt de 19 d’entre eux. Oui, tout ce cirque pour protéger les 19 réacs que l’on peut dénombrer sur les photos publiées par les représentants du RN sur les réseaux sociaux.
Partout, continuons de nous mobiliser contre l’extrême-droite et ses relais en adoptant un antifascisme combatif pour venir à bout de la peste brune.
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