
Cette révélation parue dans le Canard Enchaîné cette semaine fait froid dans le dos. Le ministère de la Santé a envoyé une consigne datée du 18 juillet 2025 aux Agences Régionales de Santé pour que les hôpitaux se préparent à la guerre d’ici le mois de mars 2026. Le document évoque un possible «engagement majeur», et leur demande de se tenir prêt à accueillir des soldats blessés en cas de conflit armé généralisé en Europe.
Ainsi, selon ce courrier, la France pourrait devenir la base arrière d’une guerre à grande échelle en Europe dans les prochains mois, et pourrait recevoir des centaines de milliers de soldats français et étrangers blessés au front. Les services de santé sont également priés de former les soignants «aux contraintes d’un temps de guerre marqué par la raréfaction des ressources, l’augmentation des besoins et la survenue d’éventuelles rétroactions sur notre territoire», ainsi qu’à la prise en charge des «troubles post-traumatiques».
On ne pourra pas dire que nous ne sommes pas prévenus : nos dirigeants frappés par une crise de légitimité majeure, sur fond de crise écologique mondiale, ont décidé de nous précipiter vers le désastre militariste. La guerre a bien souvent été, par le passé, la solution des puissants pour «résoudre» les situations où le système était en difficulté.
Par ailleurs, un «guide de survie» sera distribué par le gouvernement à la population dès cet automne. Intitulé «Tous résilients», il contiendra «une trentaine de pages et trois grands axes» pour «se préparer, se protéger, et s’engager». Il s’agit selon les autorités de «sensibiliser les Français, pour être réserviste dans l’armée, la police, chez les pompiers ou la sécurité civile». Autrement dit, embrigader la population et conditionner les esprits au pire.
Dès la rentrée également, la fameuse JDC – Journée défense et citoyenneté – à laquelle tous les jeunes doivent assister, sera profondément modifiée. Il ne s’agira plus de quelques heures d’ennui à regarder des diaporamas, mais d’un vrai bourrage de crâne, avec une «cérémonie des couleurs», le chant de La Marseillaise, des entraînements au tir sportif, un repas sous forme de ration militaire et des mises en condition de combat par des «jeux de rôle». Cette JDC accueille 800.000 jeunes par an.
Dès 2023, un rapport gouvernemental, le rapport Plassard, détaillait un grand plan pour remilitariser la France, parlant de «soutenir les entreprises du secteur de la défense», «mobiliser l’épargne des Français pour soutenir l’industrie de défense», influencer «chaque citoyen, pour lui faire prendre conscience que le monde a changé, que nos valeurs et nos modes de vie doivent être protégés». Suivant ces recommandations, Macron avait convoqué en mars 2025 les patrons du secteur de l’armement pour leur demander «d’augmenter les cadences».
En 2024, le gouvernement français achetait 42 avions de guerre supplémentaires, pour la somme de 5 milliards d’euros. À Luxeuil, dans l’Est, une base est rénovée pour accueillir des Rafales transportant des charges atomiques. À Toulouse, on construit un centre de l’OTAN. À Saint-Nazaire, on prépare le chantier pharaonique d’un porte-avions nucléaire. En Gascogne, les Forges de Tarbes, qui étaient au bord de la liquidation en 2021, croulent sous les commandes d’obus. Près de Bourges, à l’usine KNDS, «on pousse les murs» pour produire toujours plus de canons. Chez Nexter, on a doublé la production de munitions. Les hôpitaux s’effondrent, l’école souffre, mais les milliards d’euros pleuvent pour fabriquer des bombes. Le ruissellement est tel que les projets sont innombrables partout sur le territoire. Dès 2020, le gouvernement s’opposait à un contrôle parlementaire sur les ventes d’armes.
La consigne donnée aux hôpitaux il y a quelques semaines rappelle un précédent épisode extrêmement préoccupant survenu dès l’été 2023, et qui était passé quasiment inaperçu. Alors que la révolte contre la réforme des retraites était à peine terminée, Macron était allé à Marseille le 27 juin, et avait annoncé la construction d’un nouvel hôpital militaire pour «préparer la France à une éventuelle guerre de haute intensité». S’adressant aux élus marseillais, il expliquait : «Votre hôpital jouera un rôle clé en cas de guerre, pour pouvoir accueillir plus de militaires qui seraient touchés par des blessures très graves». L’établissement «de nouvelle génération devra répondre aux besoins que nos armées auront pour les décennies à venir, il sera un concentrateur et un incubateur de compétences et il sera un véritable outil de défense en pleine autonomie pour pouvoir mieux nous engager aux combats et mieux recevoir nos blessés».
Depuis des années maintenant, Macron s’y croit, il s’y voit déjà, il en bave d’envie. Les dirigeants français rêvent de guerre.
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