Depuis la mort du néofasciste Quentin Deranque, lui et son entourage sont décrits comme des militants tantôt «nationalistes», «identitaires», «non-violents» et «catholiques».

Quentin Deranque était d’abord un militant de l’Action Française, groupe royaliste et antisémite très violent qui formait des Ligues de combat dans les années 1930 pour assassiner des juifs et des communistes. Fondateur d’un groupuscule encore plus radical implanté dans la petite ville de Bourgoin-Jallieu, il a été identifié au défilé néo-nazi du 9 mai dernier à Paris. Une marche qui avait été autorisée par Bruno Retailleau, montrant la collusion entre le gouvernement et l’extrême-droite la plus violente. Ce genre d’événement permet aux activistes de se retrouver et de réseauter sous les yeux de la police, qui laisse les bras tendus et les symboles de l’ésotérisme nazi se déployer sur les grands boulevards de la capitale, à la vue de tous.
À Lyon, le groupe d’une vingtaine d’hommes venu agresser des militants antifascistes en marge du meeting de Rima Hassan sont tous des néonazis convaincus, dangereux et entraînés. Comme l’ont montré nos enquêtes et les vidéos qui viennent enfin d’être diffusées dans les grands médias, ils avaient préparés une embuscade, et étaient armés de torche, de béquille, gazeuses, parapluie et casques de moto. Ces suprémacistes attaquent les rassemblements de gauche et les minorités pour tuer ou mutiler. À l’aide de sources locales, nous avons réussi à mettre un nom sur des agresseurs, au moins trois individus bien connus à Lyon et ailleurs pour multiplier les exactions et les violences. On fait le point.
Nous n’avons malheureusement pas pu identifier formellement Quentin Deranque sur les images en notre possession. Les militants d’extrême droite portent tous des cagoules, signes de la préméditation de l’attaque. Cependant, grâce à des témoignages, nous avons notamment pu identifiés plusieurs d’entre-eux qui gravitent autour de différents groupuscules néonazis comme Jeunesse Lyon Populaire et le groupe catholique intégriste Héritage.



La personne qui met des coups avec la béquille sur les captures d’écran que nous avons publiées est Valentin Seddas. Il est militant d’Héritage et hooligan lyonnais. En première ligne on peut reconnaître Antoine Tignel en garde prêt à porter des coups sur les militants de gauche. Lui aussi est membre d’Héritage et ultra de l’OL. Il sera reconnu lors de la bagarre après que son cache-cou ait été arraché. Une semaine avant l’attaque à proximité de la conférence de Rima Hassan, le jeudi 5 février, une descente fasciste a visé des étudiants à l’université Lyon 3. Seddas et Tignel étaient tous deux présents et ont frappé des personnes au sol.
Nous avons enfin pu identifier Pol-Oscar Legris derrière l’homme qui porte un casque de moto. Pol-Oscar est un des leaders de Jeunesse Lyon Populaire, groupe nationaliste et antisémite – émanation du Baston social et du GUD, Groupe Union Défense – dissous en juin 2025.
La vérité est que derrière la multiplication du nombre de groupes à Lyon se cachent les mêmes individus qui recréent des bandes violentes qui terrorisent la ville en dépit des dissolutions. Lyon populaire s’est ainsi renommée Audace Lyon. Sur Instagram, cette organisation a pour slogan «jeune blanc, rejoins ton clan», et montre des vidéos d’entraînements au combat appelant à s’organiser contre «les ennemis de notre peuple, gauchistes, islamistes et bandes ethniques». Dans ces vidéos virilistes, les membres galvanisés s’entraînent à tuer pour défendre la «race blanche».

C’est ce même Pol-Oscar visage flouté, que l’on voit pourtant chouiner au micro du pseudo-journaliste Florentin de Frontières en indiquant qu’ils ont été attaqués par surprise par les antifas avec des gants coqués et des trottinettes. Rien n’est plus faux. Les images que nous avons publiées ainsi que celles du Canard Enchainé démontrent que les assaillants sont bien les militants d’extrême droite. La stratégie est systématique : commettre le maximum de violence et mettre en scène sa propre victimisation, à l’aide de médias complices.
Revenons-en à Quentin Deranque, il s’entraînait au sport de combat avec Rémy Chemain, lui même condamné pour des violences en réunion devant un bar : en 2018, il avait attaqué des personnes soupçonnées d’être antifascistes à 30 contre 5. Chemain était lui aussi membre du Bastion social, ancêtre d’Audace Lyon.
Ce travail d’enquête reste à compléter. Il aurait dû être mené par les grands médias et les chaines d’info en continu, qui se prétendent journalistes mais reprennent sans aucune vérification un narratif de l’extrême droite, jetant des gens en pâture sans aucune preuve. Leurs moyens phénoménaux, issus des milliardaires et des subventions publiques, sont chaque jour mis au service de l’extrême droite.
Le récit mensonger de l’extrême droite est en train de vaciller grâce au travail de journalistes indépendant·es et aux militant·es de terrain. Maintenant que les vidéos de l’affrontement commencent à sortir, les rédactions commencent à faire volte-face, mais elles ont déjà érigé un authentique néo-nazi en martyr.
Si vous disposez de toute information sur les assaillants du 12 février, contactez-nous.
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