L’ICE tue encore : un réfugié birman malvoyant abandonné par la milice de Trump retrouvé mort

À gauche Nurul Amin Shah Alama, réfugié birman de 56 ans et malvoyant.
À droite un policier de l'ICE vu de dos, peau blanche et crâne rasé.

Une horreur en chasse une autre de l’autre côté de l’Atlantique. Une barbarie crue et macabre : les miliciens de l’ICE ont droit de vie ou de mort sur les populations non-blanches et les opposant·es, un règne de l’arbitraire dans un régime moribond en pleine mutation fasciste. Au mois de janvier 2026, cette police politique exécutait de sang froid Alex Pretti et Renee Nicole Good, deux Justes, qui entravaient la besogne de la police anti-immigration de Trump. Les images avaient fait le tour du monde. Cette milice vient de voler une vie de plus.

Nurul Amin Shah Alama avait 56 ans. Il avait migré aux États-Unis pour fuir les persécutions de la junte Birmane. Il a été retrouvé mort à 8 kilomètres de son domicile, après avoir été abandonné dans un froid glacial par l’ICE. Les agents ont laissé cet homme, quasiment aveugle et en mauvaise santé, dans les rues de Buffalo près de New York en plein hiver, alors qu’il ne parlait pas anglais. C’est une véritable mise à mort d’une personne vulnérable.

Comment en est-on arrivé là ? Il y a un environ un an, Shah Alam était sorti dans son quartier pour aller acheter une tringle à rideau. Après l’achat, l’homme souffrant de cécité s’était perdu et avait fini sur le perron d’une voisine, qui avait fini par appeler la police. À l’arrivée des forces de l’ordre, Shah Alam était désorienté et ne comprenait pas les agents qui lui demandaient de lâcher… sa tringle, comme si celle-ci pouvait constituer une quelconque menace pour les policiers.

L’arrestation fût d’une brutalité extrême. Subissant des tirs de Taser, frappé, il était arrêté avant d’être incarcéré à tort pendant un an. Ce réfugié était pourtant en règle. Comme d’autres citoyens étasuniens ou migrants régularisés, arrêtés ces derniers mois par la police de l’immigration avant d’être détenus dans les camps pour sans-papiers. L’aspect légal n’intéresse pas la milice militarisée du pouvoir, qui sert d’abord à terroriser et imposer un ordre racial.

Après un an d’enfermement, Shah Alam venait d’être libéré sous caution ce jeudi 19 février. À sa sortie de prison, il a été immédiatement arrêté par des agents de l’ICE. La milice a finalement constaté que le Birman n’était pas expulsable, et l’a donc relâché loin de chez lui, près d’un restaurant de donuts au nord de Buffalo, laissé là comme un vulgaire objet, sans en informer sa famille. Le corps sans vie de Nurul Amin Shah Alama sera retrouvé 5 jours plus tard.

Ce que nous dit cette affaire sordide, c’est que les agents racistes et validistes de l’ICE puisent dans un cadre théorique fasciste. Dans les années 1930, les fascismes européens menaient la guerre aux étrangers et aux personnes handicapées, considérées comme indésirables. Pour l’extrême droite italienne et allemande, les personnes en situation de handicap étaient considérées comme un poids pour les sociétés, des individus qui ne méritaient pas de vivre.

Sur fond de politique eugéniste, les nazis avaient assassiné, lors de la campagne d’extermination «Aktion T4», entre 70.000 et 80.000 adultes handicapés physiques ou mentaux entre septembre 1939 et août 1941. Le Troisième Reich avait continué à les exterminer tout au long de la Seconde Guerre Mondiale, en les envoyant dans les camps de la mort où, bien souvent, des scientifiques peu scrupuleux expérimentaient sur leurs corps déshumanisés. La mort de Nurul Amin Shah Alam, non-blanc et malvoyant, abandonné par des miliciens suprémacistes, s’inscrit dans cette généalogie mortifère.

Depuis l’investiture de Trump, au moins 36 personnes sont décédées dans les camps de l’ICE. Au mois de janvier 2026, la police politique de Trump avait déjà tué au moins 9 personnes. Que leurs âmes reposent en révolte.

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