Déchainement répressif contre une free party en Bretagne, les gendarmes perdent un chargeur


Dans les champs comme dans les villes, l’État fait la guerre à la jeunesse, et à tout ce qui peut procurer un peu de joie, de rencontre, d’énergie collective. Il veut maintenir la population résignée et les corps isolés.


Nouvel exemple à Elven, comme de 6600 habitants dans le Morbihan. Samedi 23 mai, une free party est organisée sur un terrain, il fait beau, l’ambiance s’annonce excellente, 300 teufeurs et teufeuses se réunissent. La gendarmerie déclenche alors une véritable scène de chaos.

Un hélicoptère survole la fête à basse altitude alors que plusieurs escadrons encerclent le terrain. Au moins 100 militaires lourdement armés, qui gazent massivement la foule, puis tirent des balles en caoutchouc et des grenades explosives. «Ils ont fait entonnoir et ont tout gazé pour rentrer. On ne voyait plus rien» explique un participant.

Plusieurs personnes ont été sérieusement blessées par les munitions : des images prises par le photographe Théophane Tournemine montrent des impacts de LBD et de grenades, et une personne au visage ensanglanté. Des centaines de grenades ont été tirées. Certaines ont provoqué un départ de feu dans la forêt longeant le champ, dans laquelle la foule s’est réfugiée pour échapper à la charge.

Dans la violence et la confusion, au moment de saisir le matériel sonore, les gendarmes ont laissé tomber dans le champ un chargeur de fusil d’assaut. Une arme parfaitement scandaleuse dans un contexte de maintien de l’ordre, et encore plus de fête. Et d’autant plus dangereuse qu’elle est utilisée par des incompétents. Des munitions de guerre sont ainsi laissées dans la nature.

La semaine précédente, c’était à Ploërmel qu’une Free Party était réprimée. Ces images de fêtes écrasées par la répression deviennent banales, il ne faut pas s’y habituer. L’État sème le chaos et la désolation en lieu et place de la joie, de la solidarité et de l’auto-organisation. C’est déjà une forme de fascisme.


Vidéos : participants
Photos : Théophane Tournemine
Montage : Contre Attaque

SOUTENEZ CONTRE ATTAQUE

Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide : chaque euro compte !

Tous les 15 jours recevez nos dernières actualités et bien plus directement sur votre adresse mail en vous inscrivant à la newsletter de Contre Attaque.