Le naufrage médiatique en un exemple : Jean Quatremer, de l’extrême centre à l’extrême trumpisme


Portrait du journaliste le plus célèbre de Libération


Jean Quatremer, éditorialiste à Libération, et quelques uns de ses pires tweet trumpistes et complotistes.

«L’Espagne, dévorée par un antisémitisme d’État, officiellement représentante des intérêts de la mollahrchie et du Hamas». C’est le message délirant posté par Jean Quatremer sur le réseau Twitter le 3 mars, à propos du gouvernement socialiste espagnol, parce qu’il refuse d’aller bombarder l’Iran.

Puisque la destruction du sens des mots, de l’histoire et de toutes les boussoles politiques est achevée, alors tout est possible. Comme comparer «l’antisémitisme d’État» – qui renvoie à Pétain, à Hitler et à la Shoah – à l’action d’un gouvernement de centre-gauche qui s’oppose à une guerre et réclame l’application du droit international.

Dans une société normale, son auteur serait condamné pour révisionnisme. Le problème, c’est que ce message diffamatoire et totalement fou ne vient pas du cabinet de Donald Trump ou de Netanyahou. Il est posté par Jean Quatremer, éditorialiste du journal «de gôche» Libération, où il est embauché depuis 1992, et invité sur tous les plateaux de télévision en permanence pour commenter l’actualité. Jean Quatremer est correspondant auprès des institutions européennes. Il est payé pour cela, alors qu’il insulte l’un des plus grands pays de l’Union Européenne et hurle avec la meute trumpiste qui menace l’Espagne. Pourtant, il gardera son poste.

Jean Quatremer est le nom et le visage du naufrage des médias français. En d’autres temps, il aurait été considéré comme un illuminé mythomane. En France, en 2026, ce sont les Jean Quatremer qui dictent l’actualité, imposent les termes du débat et monopolisent le temps d’antenne.

Jean Quatremer n’est pas à son coup d’essai. Avant de s’en prendre à l’Espagne, il a cogné sur la gauche, les Gilets jaunes, la Palestine, l’ONU… Il a surtout menti, encore et encore, utilisant la post-vérité comme une arme politique. Par exemple, le 3 juillet 2025, lorsque la rapporteuse de l’ONU dénonce «un génocide des plus cruels» à Gaza, il retweete : «Hitler approuve ce message». Le droit international = le nazisme. Même Trump n’est jamais allé aussi loin.

Le 2 juin 2025, invité sur LCI à propos de violences commises par des supporters du PSG, il impose son obsession contre la France Insoumise : ce parti aurait «justifié» l’assassinat de juifs, ce qui expliquerait la violence dans la société. En l’occurrence dans un cadre footballistique. Un mensonge éhonté qui avait conduit l’insoumis Éric Coquerel a porter plainte pour diffamation.

En juin 2024, en pleine dissolution et législatives anticipées, alors que le RN est donné gagnant, Jean Quatremer assimile le triangle rouge de la résistance antifasciste porté sur le costume de l’insoumis Manuel Bompard, utilisé depuis 15 ans à la France Insoumise, à de «l’islamisme». Ce symbole est celui des déportés politiques ayant résisté au nazisme.

Le même Quatremer avait aussi publié un montage raciste emprunté à la fachosphère : on y voyait le député insoumis Louis Boyard transformé en cochon de dessin animé, et un manifestant maghrébin barbu derrière lui, transformé en Jafar, le méchant d’Aladin, menaçant. Animalisation d’un opposant politique, islamophobie, complotisme : tout y est. Et ça vient de la presse «de gôche». Imaginez l’état d’esprit du reste de la profession.

Le 1er mai 2024, Quatremer parle de «chasse aux juifs» à propos d’un jet de peinture vers le candidat PS Raphaël Glucksmann. Il écrit : «Une chasse au juif par des militants pro-palestiniens (dont des LFI ou que…)». Révisionnisme là encore. Mensonge. Irresponsabilité. Le réel n’existe plus. Le récit n’a plus aucun lien avec les faits, et impose une réalité alternative : dénoncer le PS est assimilé à un pogrom.

En décembre 2023, il tweete : «L’islamophobie met en danger ceux qui en sont accusés». Inversion accusatoire, niant qu’il y ait des victimes de ce racisme, victimisant les auteurs et visant à interdire la critique de l’islamophobie.

Pendant les Gilets jaunes, Quatremer hurlait déjà avec la meute, traitant les manifestants de «factieux». Il écrivait notamment : «Il est temps de se réveiller, c’est la République qui est attaquée». Il justifiait ainsi la répression sanguinaire qui a tué une grand-mère et mutilé des dizaines de personnes, en utilisant le hashtag #pestejaune. C’était alors l’un des plus zélés soutiens de la police. En février 2019, il ricane : «Le mouvement des gilets jaunes c’est fini, comme l’indique le bon vieux débat sur le port du voile dans l’espace public ! Enfin !», accompagné par un smiley mort de rire. Le même jour, il écrit : «Que signifie le port du voile? Le refus absolu du mélange et le rejet de l’autre». Quatremer appelait à écraser les Gilets jaunes, et se réjouit ensuite que le mouvement social réprimé laisse place aux habituels déchaînements anti-musulmans.

Ultra-libéral, il vante aussi la croissance des USA, le 21 avril 2023 – sans expliquer qu’elle repose sur des inégalités monstrueuses – et cogne sur les «dépenses publiques» trop élevées de la France le 23 avril 2023. Quatremer, dont toute la carrière journalistique est basée sur l’entre-soi, n’a même pas la décence d’être corporatiste. Il s’en prend à sa propre profession quand ses collègues ne s’alignent pas totalement sur ses manies. Il formule par exemple des attaques diffamatoires contre Le Monde Diplo ou un journaliste du Parisien. En 2017, il expliquait avoir «fait un don» pour la première fois à un parti : En Marche. Quatremer est l’illustration du passage de l’extrême centre à l’extrême droite.

Les élites françaises ont toujours été composées de crapules, mais elles avaient jadis un certain sens de la retenue et tentaient de maintenir des apparences de politesse et de rationalité. À présent, c’est l’effondrement intellectuel et éthique. Les «faiseurs d’opinion» sont des crétins trumpistes ensauvagés, décomplexés, sans foi ni loi.

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