Des crocodiles pour encercler les détenus palestiniens


En Israël comme aux États-Unis, des projets barbares au service de l’avilissement des prisonniers


En Israël comme au États-Unis, des crocodiles pour intimider et déshumaniser les prisonniers, qu'ils soient migrants ou palestiniens

Israël vient de légaliser l’utilisation de crocodiles pour faire garder une prison de détenus palestiniens. Un projet aussi inhumain que grotesque, dans la continuité des récentes mesures prises par le gouvernement sioniste qui visent à rendre chaque jour plus terribles les conditions de détention des prisonniers palestiniens, tout en produisant un cruel spectacle pour nourrir les passions tristes d’une société fascinée par la mort et la violence.

En légiférant pour modifier le statut des crocodiles “d’animaux sauvages” à celui “d’animaux élevés en captivité”, la ministre israélienne de l’environnement Idit Silman permet à son collègue Ben Gvir d’autoriser l’utilisation de ces sauriens pour protéger le centre pénitentiaire de Ketziot, le plus grand d’Israël et tristement connu pour ses conditions de détention épouvantables. Suite à ce vote, Ben Gvir a fièrement publié une image générée par IA sur laquelle il tient en laisse un crocodile et s’en félicite en ces termes : “Terroriste maudit, tu penses à vouloir t’évader ? Réfléchis-y à deux fois”.

Ce projet, le ministre fasciste l’évoquait déjà en décembre dernier, bien inspiré par “Alligator Alcatraz”, le centre de rétention pour personnes migrantes construit aux Everglades, aux États-Unis, par l’administration Trump et dont les marais abritent des alligators sauvages. Le parallèle ne s’arrête malheureusement pas là : d’effroyables enquêtes et de nombreux témoignages rapportent la torture systématique des détenus pratiquée par les geôliers de ces deux États néofascistes.

Néanmoins Israël serait le premier État dans l’histoire à utiliser des sauriens en captivité comme mesure de sécurité dans une prison moderne. De fait, des agents du service pénitentiaire israélien se sont d’ores et déjà rendus dans une ferme de crocodiles sur le plateau du Golan, et on se demande dans quelle mesure ces tortionnaires de la pire espèce vont s’improviser éleveurs de ces dangereux animaux sauvages – on leur souhaite en tout cas de leur servir de quatre heures.

Au-delà de l’aspect sensationnel de cette annonce, il faut en revenir au principe de réalité : la prison de Ketziot couvre une superficie de 400.000 mètres carrés au milieu du désert du Néguev. Comment imaginer que des crocodiles pourraient réellement encercler un complexe pénitencier aussi gigantesque ? Et quand bien même, pour quelle efficacité ? Ne soyons pas naïfs : ce qui se joue ici, comme aux États‑Unis, ce n’est pas tant la volonté de contrôler les détenus (le tandem impérial israélo‑américain dispose de moyens illimités en technologies de surveillance) mais bien l’avilissement des détenus et, par extension, de la population qu’ils représentent (l’ensemble du peuple palestinien dans le cas d’Israël, l’ensemble des migrants racisés pour les États‑Unis). Ainsi, en exposant des prisonniers à des bêtes sauvages, on ne cherche pas seulement à les effrayer, mais à les rabaisser au rang de proies potentielles, confirmant ainsi dans les faits, qu’ils ne sont – dans le répugnant logiciel de pensée fasciste – rien de plus que des animaux à dominer ou à éliminer.

Cette déshumanisation est indispensable à l’avancée des projets fascistes : elle sert à obtenir l’adhésion de la population aux déportations de masse, aux génocides, au pillage et au massacre de celles et ceux désigné·es comme ennemis de la nation. Ainsi chaque jour, en Israël comme aux États-Unis, la violence et la haine continuent d’avancer à visage découvert, et chaque jour l’impunité perdure, protégée par le silence ou le soutien de la communauté internationale.

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