Il y a des constantes dans les régimes fascistes à travers l’histoire : le culte de la force brute, le racisme, la glorification de la mort. En Israël, ces trois critères sont réunis.

Peine de mort pour les palestiniens
La Knesset, le parlement israélien, est en train de franchir un cap. À la demande des députés les plus radicaux de l’extrême droite sioniste, un projet de loi instaurant la peine de mort pour les détenus palestiniens est en train d’être voté. Il s’agit de légaliser la peine de mort pour les personnes non-juives accusées de «terrorisme». Autrement dit, il s’agit d’une mesure d’apartheid, car elle sépare sur des critères ethniques les juifs et les autres. En l’occurrence, elle vise bien entendu les palestiniens. Et on le sait, Israël considère comme «terroriste» tous les palestiniens, y compris les nourrissons tués sous les bombes à Gaza. Des milliers de palestiniens sont déjà en train de croupir sans procès ni preuve dans les prisons israéliennes pour «terrorisme», subissant des méthodes de torture, d’humiliation et de privation de nourriture.
Les condamnés à mort seraient enfermés dans un centre séparé, sans droit de visite, les consultations avec leurs avocats se feraient uniquement par visioconférence et l’exécution devrait intervenir dans un délai de 90 jours après la décision. La peine capitale serait prononcée sans réquisition du parquet, sans exigence d’unanimité, à la majorité simple du jury. Les tribunaux militaires jugeant les palestiniens de Cisjordanie occupée pourraient également prononcer la peine de mort. Toute possibilité de recours ou de grâce serait exclue.
Cette loi monstrueuse a été discutée et approuvée une première fois la semaine dernière, et passe en deuxième et troisième lectures cette semaine. Pour la soutenir, des personnalités politiques de premier plan paradent avec les symboles les plus macabres.
Un déguisement mortifère
En principe la fête juive de Pourim, qui a eu lieu début mars, célèbre de manière joyeuse une délivrance. On s’y déguise et on offre des cadeaux. L’extrême droite israélienne la transforme en cérémonie lugubre : la députée Limor Son Har-Melech s’est déguisée en «peine de mort pour les terroristes». Sur le réseau X, elle pose tout sourire avec une corde de pendu et une seringue symbolisant une injection létale. Son mari, quant à lui, tient une arme factice portant l’inscription «occupation», un avion portant le mot «expulsion» et une maison marquée «colonie». En pleine vague de pogroms armés commis par des colons contre des familles palestiniennes, chacun de ces symboles est d’une extrême violence.
Limor Son Har-Melech est l’une des plus grandes partisanes de la loi sur la peine de mort pour les détenus palestiniens, et un soutien fanatique des colons messianiques qui commettent des massacres religieux au nom de la Torah, afin de créer un «Grand Israël» débarrassé des non-juifs.
Un nœud coulant à la poitrine
Lors d’un passage sur la chaine de télévision d’extrême droite Channel 14, le ministre Itamar Ben Gvir arborait fièrement une broche en forme de nœud coulant pour promouvoir la loi sur la peine de mort. «Avec l’aide de Dieu, la loi sera soumise au deuxième et au troisième vote, ce sera un moment historique pour l’État d’Israël» a-t-il déclaré, sourire aux lèves, en montrant son pin’s.
Ben Gvir appartient au même parti que Limor Son Har-Melech : il prône un sionisme religieux et génocidaire. Et il organise régulièrement des happenings médiatiques effroyables. Par exemple, il invite la télévision à le suivre, armes à la main, et entouré de chiens d’attaque, pour participer à une descente de police chez un suspect qui a tagué un drapeau palestinien. Il a aussi enfilé une cagoule et s’est déguisé en gardien de prison, pour débarquer dans des cellules. Il s’est aussi fait filmer devant des prisonniers palestiniens ligotés, les yeux bandés, dans des situations évidentes de souffrance et de torture. Humiliant les corps ainsi entravés, jouissant de sa domination, le ministre avait réclamé qu’ils soient exécutés.
Lors d’une de ces descentes télévisées en prison, organisée en octobre 2025, il explique devant une porte de cellule : «On leur a tout pris, mais il reste une chose : la peine de mort». En novembre 2025, il débarquait avec des soldats israéliens et des caméras au milieu d’un village de bédouins du Néguev, dans le sud de la Palestine occupée, pour ordonner personnellement des expulsions et des démolitions de maisons, devant des habitants sidérés.
Quant au symbole du nœud coulant, il puise son inspiration chez les suprémacistes blancs des USA. Après l’abolition de l’esclavage, des lynchages et des attentats visent les communautés Noires, en particulier dans les États du Sud. Des milliers d’afro-descendants sont torturés, mutilés, tabassés par des foules racistes, et la plupart du temps pendus à des arbres, pour semer la terreur. Les photos des pendaisons sont alors imprimées sur des cartes postales et vendues dans tout le pays. Jusqu’à aujourd’hui, le Ku Klux Klan, groupe terroriste d’extrême droite qui a commis la plupart de ces lynchages, utilise la corde de pendu comme symbole raciste. On voit des suprémacistes brandir ces cordes pour menacer les Noirs de mort.
Après l’élection de Trump, des nœuds coulants sont d’ailleurs réapparus sur certains arbres, près de lieux symboliques comme le musée national d’histoire et de culture afro-américaine. L’historien nord-américain Greg Robinson explique que ce nœud coulant, «C’est vraiment raciste, vraiment un symbole de la violence projetée». Ce n’est pas tout, dans les années 1930, la propagande nazie publiait elle aussi des caricatures représentant des Juifs, des communistes et autres opposants pendus à des potences.
C’est ce symbole que les fascistes sionistes s’approprient désormais.
AIDEZ CONTRE ATTAQUE
Depuis 2012, nous vous offrons une information de qualité, libre et gratuite. Pour continuer ce travail essentiel nous avons besoin de votre aide.



