Contre la COP 21 et l’État d’Urgence : résistances


Retour sur l’après-midi de lutte du 12 décembre à Nantes


Le 12 décembre 2015, cela fait un mois que la France est placée sous État d’Urgence, avec son lot de perquisitions, de manifestations interdites et d’assignations à résidence. C’est aussi le dernier jour de la COP 21, cette grande mascarade internationale, lors de laquelle gouvernants et multinationales prétendent gérer depuis leurs forteresses la catastrophe qu’ils ont engendrée. Deux manifestations devaient avoir lieu à Nantes.

À 14h, une première manifestation se rassemble Place Bretagne. Ce rendez-vous est appelé par la Coalition Climat 44, qui regroupe une large palette d’organisations et de partis, parfois liés au gouvernement. Une centaine de personnes, drapeaux en mains, démarre mollement après une demie heure d’attente sur une place beaucoup trop grande. L’objectif du parcours ? Se tenir le plus loin possible de la Place du Bouffay, où doit avoir lieu un autre rendez-vous, à 15h.

Ce second temps rassemble très vite plusieurs centaines de personnes sur une place grignotée par un manège mis en place pour Noël. Une agora s’engage, le micro est ouvert. Cette assemblée de rue va durer une heure, durant laquelle on échange sur la répression, le racisme, le greenwashing, les luttes en cours… Un texte écrit par l’assemblée de la ZAD est lu, suivi d’un témoignage sur une perquisition violente et d’un point sur la situation des migrants de Calais, qui ne cesse d’empirer sous l’État d’Urgence. Un hommage est rendu à Babacar Guèye, tué de 5 balles dans le corps par la police à Rennes le 3 décembre. Les intervenants sont divers : un occupant de la ZAD, une élue, une militante venue du premier rassemblement, un passant, un rappeur qui improvise un freestyle… Et puis, le cortège, compact, s’ébranle, et part dans les rues de Nantes. Nous sommes nombreux sur le Cours des 50 Otages et dans la rue de Strasbourg, sans doute plus de 1000.

À l’avant de la manifestation, des fumigènes sont allumés et l’ambiance est énergique, alors qu’un peu plus loin, des manifestant-e-s portent des masques colorés et qu’une chorale fredonne des chants de lutte, au rythme d’un accordéon. Plusieurs bâtiments – le siège d’EDF, partenaire de la COP 21, la mairie, la préfecture, les locaux de Vinci – reçoivent de la peinture. Les policiers, en armure et en civil sont très présents tout au long du parcours. Parfois, la BAC qui s’approche trop du cortège doit partir en courant. Mais l’ambiance générale reste sereine et solidaire.

Alors que le cortège revient à son point de départ, une rangée de camions de policiers et de flics en armure débarquent et se positionnent juste en face de la Place du Bouffay qui devait servir de lieu de dispersion. Un feu d’artifice est envoyé vers les trouble fêtes, sous les applaudissements. Après quelques minutes de flottement et l’envie diffuse de continuer à défiler, les manifestant-e-s finissent par se disperser dans les petites rues envahies de consommateurs. Contrairement à la précédente manifestation violemment réprimée, il n’y aura pas d’arrestations ni de blessé, preuve qu’on peut tenir la police en respect en étant nombreuses, nombreux, et solidaires.

Cette après-midi de lutte a démontré que l’on pouvait dépasser la peur et résister collectivement, en plein état d’urgence et à la veille d’élections.

Nous ne déserterons pas les rues, nous n’abandonnerons pas nos révoltes. Un rendez-vous a été lancé samedi prochain !


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