Manifestation de soutien aux exilés : le ciel menaçant, la police aussi

Le 23 août 1996, l’église Saint-Bernard à Paris, occupée par des familles d’exilés, était violemment expulsée par les forces de l’ordre. A l’époque, l’événement avait fait la « une » des médias pendant des jours, suscitant une indignation nationale, y compris chez les célébrités du cinéma et dans les structures de la gauche institutionnelle. De grandes manifestations avaient été organisées, ainsi qu’une mobilisation importante en soutien aux sans-papiers.

Depuis plus de deux mois à Nantes, 500 exilés s’entassent sous des tentes, en plein centre-ville, dans un camp de fortune. A chaque tentative d’investir un bâtiment vide pour mettre à l’abri les personnes privées de toit, les autorités choisissent d’expulser par la force. Des centaines de repas sont servis tous les jours par des collectifs militants, qui ont aussi installé des douches. Sans cela, la situation serait encore plus intenable et vraiment invivable, car les pouvoirs publics ne font rien.

Ce samedi 25 août, une manifestation pour se souvenir de l’expulsion de l’Église Saint-Bernard et pour réactiver les luttes anti-racistes en cours était organisée. 300 personnes ont défilé sous un ciel aussi menaçant que la répression, derrière une banderole « Osons la fraternité ». Le dispositif policier était,comme c’est devenu habituel, totalement délirant. Le cortège était bloqué de toutes parts, cerné par des rangées de CRS, talonné par des agents de différentes brigades. Nantes ressemble à une caserne à ciel ouvert. Après un aller-retour le long du Cours des 50 Otages, la manifestation s’est dispersée devant la place du Commerce, elle aussi bouclée par les forces de l’ordre.

Par ailleurs, des bénévoles s’inquiètent de menaces lancées par l’extrême droite contre les exilés et leurs soutiens. Par exemple, l’Autre Cantine qui prépare des repas quotidiens pour les exilés a reçu des lettres hostiles, avec des insultes racistes. Des fascistes ont aussi été aperçus aux abords du square Daviais. Sans tomber dans l’alarmisme, la vigilance doit rester de mise.

Quoiqu’il en soit, la dynamique populaire en cours à Nantes de soutien aux exilés et d’occupations solidaires n’est pas prêt de s’enrayer. A suivre !

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