Tradition : condamnée pour avoir crié “Macron décapitation”


Le retour du crime de lèse majesté


Photographie de Jocelyne, condamnée pour avoir crié "Macron décapitation"

La vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux. En septembre 2020, une femme avec un Gilet Jaune noué autour du coup lançait ce cri du cœur : «Macron destitution, Macron décapitation, Macron explosion» et qualifiait le président de «dictateur». Cet élan de colère spontané dans le cadre d’une manifestation, alors que le gouvernement avait mutilé des dizaines de Gilets Jaunes, n’en reste pas là. Une enquête est lancée et Jocelyne, qui a eu le malheur de lancer ces mots, est poursuivie.

Ce lundi 28 mars, Jocelyne a été condamnée à trois mois de prison avec sursis par le tribunal de Châlons-en-Champagne dans la Marne, notamment pour «menaces de mort» à l’encontre du président de la République. Un crime de lèse majesté. La prévenue, enseignante en conflit avec l’Éducation Nationale, était accompagnée de soutiens lors du procès, des «professeurs, des soignants suspendus de leurs fonctions par exemple», qui qualifient Jocelyne de «figure de la résistance à Reims».

Durant sa comparution, Jocelyne a assuré qu’elle ne visait pas l’homme mais la fonction du monarque présidentiel, et qu’il ne s’agissait pas du tout d’une menace de mort mais d’un slogan historico-politique : une référence au jugement, puis à l’exécution de Louis XVI en 1793. En effet, il est régulier de voir des parallèles entre Macron et les Rois d’Ancien Régime, tant son pouvoir est vertical, méprisant et autoritaire.

Cette condamnation s’inscrit après la poursuite de plusieurs personnes, durant le confinement, qui avaient eu le malheur d’afficher sur leurs maisons le slogan «Macronavirus, à quand la fin ?» À Nantes, en avril 2018, un mannequin de Macron avait été pendu lors d’une manifestation. Deux personnes avaient été arrêtées, placées en garde à vue et condamnées. Alors que les slogans hostiles aux chefs d’État et les mises en scène pour les dénoncer sont un classique des luttes sociales depuis le 19ème siècle, ce gouvernement aura réhabilité le crime de lèse majesté.


Pendant que Jocelyne subit une peine de prison qui plane au dessus de ses épaules, les dizaines de policiers responsables de mutilations et de décès sont impunis. Et les voyous en col blanc continuent de piller des sommes colossales.


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