De qui parle Gérald Darmanin ?

Darmanin fait des exercice de flexion de la mâchoire sur France Inter

Le Ministre de l’Intérieur est en colère. Au cœur de l’été, en plein chaos climatique, en pleine crise sociale, Gérald Darmanin a organisé un spectacle usé jusqu’à la corde : celui de l’islamophobie. Il a mis en scène l’expulsion d’un imam du Nord de la France, Hassan Iquioussen, pour flatter l’extrême droite. Mais la procédure lancée contre le religieux a été rejetée par le Tribunal Administratif de Paris.

Un revers de plus pour Darmanin, après les dissolutions ratées de plusieurs collectifs de soutien à la Palestine et opposés à l’extrême droite. Il a donc tweeté ce lundi 8 août : «Mon devoir est de protéger les Français. Ce monsieur n’a rien à faire sur notre sol : il tient des propos antisémites, il remet en cause l’égalité femme/homme, émet des doutes sur les attentats commis en France…»


Mais on peut se demander de qui parle Gérald Darmanin ? Passons en revue point par point :


  • «Propos antisémites» : Zemmour a fait l’éloge de Pétain à de nombreuses reprises, il a même tenu des propos révisionnistes sur la déportation des juifs. Il a également déclaré dans les médias que les enfants juifs victimes de Mohammed Merah «n’appartiennent pas à la France». Éric Zemmour est devenu le champion des franges antisémites les plus radicales du pays.
  • «Mise en cause de l’égalité homme/femme» : Éric Zemmour a lancé sa carrière avec un pamphlet misogyne paru en 2006. Un livre intitulé «le premier sexe» qui lui a donné accès aux plateaux de télévision, qu’il ne quitte plus depuis. Pour Zemmour, accusé de violences sexuelles par plusieurs femmes, «le consentement mutuel est un mythe», ou encore «la virilité va de pair avec la violence».
  • Évocation des attentats : à propos de Daesh, il déclare : «Je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient, ce dont nous ne sommes plus capables». Un journaliste qui lui demande s’il respecte «des gens qui roulent en camion sur des enfants», en référence à l’attentat de Nice, il répond que «quand des gens agissent parce qu’ils pensent que leurs morts le leur demandent, il y a quelque chose de respectable». Il n’y a aucun doute, c’est de l’apologie.
  • Glorification du nazisme : Éric Zemmour est allé jusqu’à vanter la «virilité» des nazis dans son livre «Le suicide français» : «Les soldats allemands qui défilent sur les Champs-Élysées sont impressionnants de virilité conquérante» écrit-il. Les liens de l’équipe de Zemmour avec les néo-nazis sont avérés : un groupe armé baptisé Les Vilains Fachos était invité à l’inauguration de son siège de campagne et des milices néo-nazies faisaient le service d’ordre de ses meetings.

Antisémitisme, misogynie, apologie du terrorisme et du nazisme. Zemmour coche donc toutes les cases du séparatisme. Sera-t-il expulsé ? Bien sur que non ! C’est un ami de Macron et un protégé des médias des milliardaires. Il partage la vision du monde de Darmanin.


Mais allons plus loin, le Ministre de l’Intérieur lui même coche ses propres cases :


  • «Antisémitisme» : en 2021, Darmanin publiait un livre sur le «séparatisme islamiste». Dans ce court texte, un passage ouvertement antisémite dans lequel les juifs sont décrits comme des «usuriers» qui causent des «troubles et des réclamations» est repris.
  • «Mise en cause de l’égalité homme/femme» : le Ministre est accusé de viol. Il a également choqué la présentatrice Appoline de Malherbe, pourtant proche du gouvernement, en l’interrompant en direct à la télévision et en déclarant tout sourire «Calmez-vous ça va bien se passer».
  • «Doute sur les attentats» : le chef de la police n’a jamais eu un mot pour les victimes d’attentats d’extrême droite. Durant la campagne présidentielle un rugbyman célèbre, Federico Martín Aramburú, était assassiné par un néo-nazi armé à Paris. Le Ministre n’a jamais eu un mot pour la victime. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Darmanin va-t-il s’auto-expusler ? Le charter devrait atterrir en Connardie, d’où Gérald Darmanin n’aurait jamais dû partir.


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