đŸ‡ČđŸ‡œ 8 ans aprĂšs : le Mexique n’oublie pas les 43 disparus d’Ayotzinapa

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Le massacre avait eu lieu le 26 septembre 2014, Ă  Iguala, au sud du Mexique. Les Ă©tudiants de l’école rurale d’Ayotzinapa, qui se forment Ă  l’enseignement, rĂ©quisitionnent des bus pour se rendre Ă  une manifestation Ă  Mexico. Le convoi est interceptĂ© par les forces de l’ordre, les Ă©tudiants sont arrĂȘtĂ©s, certains sont atrocement mutilĂ©s et tuĂ©s ou livrĂ©s Ă  des cartels.

Il y a 27 blessĂ©s, 6 morts et 43 disparus. Ces Ă©vĂ©nements dĂ©clenchent une vague de colĂšre historique, des centaines de milliers de personnes prennent les rues du Mexique pour exiger la vĂ©ritĂ© sur les «43 disparus d’Ayotzinapa». Et sur les murs du pays, les visages des jeunes sont dessinĂ©s. Au Mexique, «l’affaire» Ayotzinapa est devenue un symbole fort dans un pays qui compte plus de 100.000 disparus.

8 annĂ©es ont passĂ©. L’affaire est tentaculaire. Un fonctionnaire accusĂ© d’avoir participĂ© au meurtre de 43 Ă©tudiants et d’avoir manipulĂ© les enquĂȘtes sur leur mort, Tomas Zeron, s’est rĂ©fugiĂ© en IsraĂ«l qui refuse de l’extrader. Un juge vient d’acquitter l’ancien maire d’Iguala, impliquĂ© dans le massacre. Le prĂ©sident a changĂ© : un prĂ©sident «de gauche», LĂłpez Obrador surnommĂ© AMLO, avait promis du changement. Il n’en est rien.

Pour commĂ©morer les 8 ans de ce crime, et ne jamais oublier, plusieurs actions ont eu lieu au Mexique. La caserne militaire d’Iguala, dont les soldats sont accusĂ©s d’avoir participĂ© avec les cartels au crime d’État, a Ă©tĂ© forcĂ©e Ă  la voiture bĂ©lier.

Mercredi Ă  Mexico, un affrontement avec la police a eu lieu devant l’ambassade d’IsraĂ«l, pour exiger l’extradition de Zeron. Le lendemain, des tensions ont eu lieu devant le siĂšge du parquet gĂ©nĂ©ral.

Vendredi, c’est aux cris d'”assassins” que des manifestants ont lancĂ© des engins explosifs artisanaux Ă  l’intĂ©rieur d’un camp militaire, aprĂšs de nouvelles rĂ©vĂ©lations mettant en cause l’armĂ©e.

Ce week-end, une grande marche s’est rendue devant le Palacio Nacional, Ă©quivalent de l’ÉlysĂ©e. Le prĂ©sident s’est barricadĂ© dans son palais, entourĂ© d’immenses plaques de mĂ©tal noires, de barbelĂ©s, et gardĂ©es par des centaines de policiers. Le prĂ©sident de gauche a peur du peuple. Cette marche a rassemblĂ© des milliers de personnes, qui ont collĂ© de nombreuses affiches sur les protections autour du palais. Un slogan revient sans cesse : «fue el ejercito» : le coupable, «c’Ă©tait l’armĂ©e». Autre message : «les disparus nous manquent», ou «les oublier, c’est les laisser gagner». Car les familles se battent contre l’enterrement de l’affaire et l’oubli de leurs proches.

Durant cette mĂȘme semaine de protestations, un puissant sĂ©isme a fait trembler Mexico, colĂšre tellurique dans ce pays qui a tant souffert.

Au Mexique comme en France, tant qu’il n’y aura pas de justice, il n’y aura pas de paix.