Nantes : plus de 200 personnes contre le projet de Centre de Rétention


Un Centre de Rétention Administrative, c’est une prison pour des gens qui n’ont commis aucune faute, hormis celle de ne pas être né au bon endroit


Hommes, femmes, enfants, peuvent y être enfermés des semaines parce qu’ils n’ont pas de papiers français, en attendant leur expulsion, ou leur libération. Ce sont des privations de liberté extra-judiciaire, massives, éprouvantes, de plus en plus longues.

À Nantes, un Centre de Rétention était implanté depuis les années 1980 au sein du commissariat central. Extrêmement vétuste, dépourvu d’une cour de promenade, il avait été touché par un incendie en 2008. Un ressortissant turc en grave détresse psychiatrique s’était immolé par le feu dans le bâtiment. Quelques semaines plus tard, le CRA de Nantes fermait.

En septembre 2022 des médias d’extrême droite, vite relayés par la quasi-totalité de la presse et des télévisions du pays, ont inondé la France de titre anxiogènes : Nantes serait «plus dangereuse que Bogota», la ville est qualifiée de «coupe gorge», de ville où l’on ne peut plus sortir sans se faire agresser, et même de zone sans police. Tous les mensonges, même les plus grotesques, ont été déversés par des journalistes qui n’ont sans doute jamais mis les pieds à Nantes. Uniquement pour faire peur.

L’opération a fonctionné. Darmanin a profité de la surenchère pour annoncer l’envoi d’une compagnie spéciale de CRS d’élite, qui a été immédiatement utilisée contre les manifestations. La mairie socialiste prévoit d’implanter 100 caméras de plus. Et un Centre de Rétention va être de nouveau construit à Nantes, officialisant l’amalgame entre insécurité et immigration. L’objectif était clair : cette opération médiatique visait en fait à mettre au pas une ville de lutte et à humilier encore un peu plus les étranger.e.s.

Vendredi 21 octobre, une manifestation nocturne était organisée contre ce projet de CRA. Sans l’appui de structures officielles, la marche a réuni plus de 200 personnes. Une réussite, dans un contexte déjà tendu. Derrière plusieurs banderoles réclamant notamment «des toits pas un CRA», illuminé par des fumigènes, le cortège a traversé toutes les artères du centre-ville en passant devant les lieux de pouvoir.

À défaut d’empêcher, pour le moment, le projet de Centre de rétention, cette soirée aura montré que Nantes reste une ville opposée au racisme et toujours debout face aux délires autoritaires du gouvernement.


Images : Théophile Pouillot-Chevara et CA

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