COP 27 : Macron fait des cadeaux aux plus gros pollueurs


Petits fours et champagne à l’Élysée pour les 50 plus gros pollueurs de France. C’est l’écologie vue par le grand capital.


Macron présente ses cadeaux aux pollueurs

Le 6 novembre, c’était le début de la COP27 en Égypte : un pathétique sommet sur le climat, tellement inutile qu’il est sponsorisé cette année par Coca-Cola, l’un des plus gros pollueurs de la planète. Lors de ce rendez-vous, les puissants du monde vont se regarder dans le blanc des yeux pour décider de ne rien faire. Mais Macron en a profité pour faire son show, en annonçant «des financements innovants pour le climat». Il y a quatre ans, il avait déjà crié «Make our planet great again», juste avant de ravager les ZAD, de réprimer les écologistes et de déréguler toutes les protections de l’environnement pour faire plaisir aux patrons.

Car chez les capitalistes, pour diminuer la pollution, il ne faut pas sanctionner les industriels qui saccagent la planète, il faut les récompenser. C’est ce que Macron a fait dès le 8 novembre : il recevait les dirigeants de 27 entreprises, qui possèdent les 50 sites les plus polluants de France. À eux seuls, ces 50 sites représentent 10% des émissions de CO2 du pays. Ils détruisent le climat, mais aussi la santé des êtres vivants qui vivent à proximité : habitant-es comme employé-es.

Par exemple, l’entreprise Yara, le numéro un mondial des engrais, était convié. Yara, basé près de Saint-Nazaire, stocke des quantités colossales de produits chimiques hautement dangereux et potentiellement explosifs, et a été mis en cause pour des rejets toxiques massifs dans l’eau de la Loire et dans l’air. Par exemple, Yara a gentiment dépassé 410 fois les seuils autorisés de pollution en 2020. Ses dirigeants devraient être en prison, mais ils sont reçus avec les honneurs par le président de la République.

Dans son discours, Macron a d’abord justifié les cadeaux de plusieurs milliards d’euros fait aux aux entreprises polluantes. Depuis 2015, ces entreprises ont reçu entre 3 et 4 milliards d’euros d’argent public sous forme de «quotas carbones gratuits». C’est déjà en soi un scandale. L’économiste Maxime Combes explique que «certains de ces sites reçoivent plus de quotas gratuits qu’ils ne relâchent de CO2, pouvant vendre le surplus et encaisser du cash.» Mais quelles sont les entreprises qui ont le plus profité de ces subventions ?

Les deux gagnants sont Arcelor Mittal, qui a touché 1,25 milliard, et Total Énergies avec 427 millions. Oui, Total, le pétrolier dont les profits explosent et qui verse des sommes records à ses actionnaires. C’est bien du pillage organisé. Il y a aussi Lafarge, le cimentier a touché 277 millions d’euros. Cette entreprise extrêmement polluante est poursuivie pour complicité du terrorisme, pour avoir collaboré avec Daesh en Syrie, rien que ça. Un autre cimentier, Calcia, a perçu la modique somme de 246 millions d’euros.

Mais ces gros chèques avaient pour but, officiellement, d’inciter ces entreprise à «décarboner». Pour quel résultat en 7 ans ? Aucun, puisque Macron promet de doubler le dispositif. Il a promis aux dirigeants des 50 sites industriels qui touchent déjà un pognon de dingue d’augmenter les cadeaux. Jusqu’à 10 milliards d’euros à terme, «si des projets et des sites sont identifiés d’ici à 18 mois, si vous doublez vos efforts» a déclaré le président.

Les médias n’ont évidemment pas posé les questions cruciales. Comment ont été utilisés les quotas de CO2 gratuits depuis 7 ans ? Ces entreprises ont-elles baissé massivement leur pollution ? Ou même investi pour diminuer les émissions de CO2 de leurs sites ? Quelles ont été les contreparties ? Et la transparence et le contrôle de ces aides ?

Vous avez donc bien lu. L’argent magique est déversé dans les poches de criminels climatiques sans contrepartie, en plein sommet sur le climat. L’inversion est totale, c’est d’ailleurs un mode de gouvernement en ce moment. Un conseiller présidentiel s’est félicité à la télévision après cette rencontre : «le président de la République a souhaité que la France marque encore un coup d’accélération sur les enjeux climatiques». On fonce vers le désastre, mais au moins on rigole !

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