États-Unis : le terrorisme d’extrême droite tue encore


Attentat armé dans une boite de nuit LGBTI


Dans la nuit de samedi à dimanche 20 novembre, à Colorado Springs au cœur des États-Unis, une boite de nuit LGBTQI a été la cible d’une sanglante fusillade de la part d’un tireur. Celui- ci a été maîtrisé par des client-es, puis interpellé par les forces de l’ordre. Il a depuis été placé en détention provisoire.

Le bilan, encore provisoire, fait déjà état de 5 mort-es et de 18 blessé-es. Les autorités s’attendent à ce que le bilan s’alourdisse dans les heures à venir. La date n’a pas été choisie au hasard. Le massacre a lieu à l’occasion de la Journée du Souvenir Trans le 20 novembre, qui rend hommage aux victimes de transphobie et appelle à la lutte contre les discriminations de genre. C’est un abject crime de haine qui a, une fois de plus, touché la communauté LGBTQI. Le Colorado est un État ciblé par les lobbys chrétiens conservateurs qui tentent de faire reculer les droits des personnes LGBTQI. En 1992, un référendum avait autorisé les municipalités à discriminer les personnes en fonction de leur orientation sexuelle, avant d’être déclaré inconstitutionnel. Le Colorado est aussi particulièrement marqué par les fusillades depuis 20 ans.

Rappelons que la journée du 20 novembre a été initiée en 1999, en mémoire de Rita Hester, tuée le 28 novembre 1998 à Allston dans le Massachusetts, lors d’un crime de haine transphobe.

Mais il ne s’agit pas du premier attentat envers les personnes LGBTQI : les attaques fascistes et masculinistes se multiplient partout dans le monde. En juin 2016, à Orlando, un terroriste d’extrême droite avait tué 49 personnes, et blessé 53 autres, dans une boite de nuit LGBTQI… l’attentat le plus meurtrier aux États-Unis depuis le 11 septembre.

En juin 2022, un norvégien a tiré aux abords d’un club gay, à Oslo, tuant deux personnes et blessant 21 autres. En mai dernier, un jeune suprémaciste blanc de 18 ans a ouvert le feu dans une supérette de la ville de Buffalo, dans l’État de New-York. Le terroriste avait roulé plusieurs heures en voiture en direction de ce quartier habité majoritairement par une population noire. Payton S. Gendron a fait irruption dans le magasin armé d’un fusil d’assaut et protégé d’un gilet pare-balles. Une caméra fixée sur son casque lui a permis de filmer la séquence macabre en direct et de la diffuser sur Twitch. Une pratique de diffusion sur les réseaux sociaux de plus en plus utilisée par les terroristes d’extrême droite lors des ces tueries de masse.

En février, lors d’une manifestation contre les violences policières à Portland, un individu avait tiré sur le cortège en accusant les participants d’être des terroristes, reprenant les mots de Trump à l’égard de ses opposants. Une femme a perdu la vie, cinq autres personnes ont été blessées. En 2017, c’est une autre militante, Heather Heyer, qui était tuée par une attaque à la voiture bélier contre une manifestation, commise par un néofasciste à Charlottesville.

Dans la première puissance économique mondiale, nation née dans le sang de la colonisation et de l’esclavage, Empire qui mène des opérations militaires depuis qu’il existe, une guerre de basse intensité est en cours à l’intérieur même des frontières. Et cette guerre est de plus en plus vive depuis le mandat de Trump et le soulèvement suite à la mort de George Floyd. La violence politique en hausse, ainsi que les fusillades et tueries commises par l’extrême droite ou la police. Ces derniers mois, le droit à l’IVG a été remis en cause dans la majorité des États du pays. Les droits ne sont jamais acquis, les forces de la réaction ne désarment jamais.

L’attentat de Colorado Springs est le dernier d’une longue liste : chronique d’un pays malade de sa police, de sa droite conservatrice qui attaque les droits des minorités raciales et sexuelles et de ses armes omniprésentes.

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