🇵🇪 PĂ©rou : insurrection populaire contre le coup d’Ă©tat parlementaire


“Qu’ils s’en aillent tous”


La “prise de Lima” Ă©tait annoncĂ©e et prĂ©parĂ©e : des dizaines de milliers de personnes ont traversĂ© le PĂ©rou pour envahir les rues de la capitale du pays d’AmĂ©rique Latine. La dĂ©monstration de force a eu lieu le 19 janvier 2023, devant le Congrès.

Depuis le 7 dĂ©cembre, un soulèvement est en cours au PĂ©rou, en rĂ©action Ă  la destitution du prĂ©sident de gauche PĂ©dro Castillo, Ă©lu en juillet 2021. MĂ©tis, issu d’un milieu pauvre et rural, Castillo reprĂ©sente une gauche sociale, apprĂ©ciĂ©e par la population amĂ©rindienne et paysanne. En 1 an et demi, Castillo n’a quasiment pas pu gouverner. Il voulait rĂ©former la Justice et convoquer une AssemblĂ©e Constituante, comme il l’avait promis durant sa campagne. Mais Ă  chaque fois, il s’est heurtĂ© aux dĂ©putĂ©s, majoritairement de droite. En dĂ©cembre, il a Ă©tĂ© destituĂ© et enfermĂ© dans une prison militaire, le Parlement l’accusant de «rĂ©bellion». Depuis, un nouveau gouvernement “temporaire” non-Ă©lu s’accapare le pouvoir.

La nouvelle prĂ©sidente, une ancienne ministre, a dĂ©clarĂ© l’Ă©tat d’urgence et a dĂ©clenchĂ© une rĂ©pression extrĂŞme provoquant plusieurs dizaines de morts, une cinquantaine selon les observateurs. La prĂ©sidente ne prĂ©voit pas de vraies Ă©lections avant 2024. Les Ă©lites qui ont fait tomber la gauche sont soutenues par les grands propriĂ©taires terriens, les conservateurs et les racistes, et sans doute aussi par les capitalistes du nord qui ne voient jamais d’un bon Ĺ“il un prĂ©sident socialiste en AmĂ©rique du Sud.
Des affrontements très durs ont lieu depuis des semaines dans plusieurs villes du pays, entre manifestant-es dĂ©nonçant le coup d’Ă©tat et les milices d’extrĂŞme droite alliĂ©es Ă  la police. De nombreux barrages routiers et grèves ont lieu.

Le 19 janvier, des colonnes de véhicules ont déversé des dizaines de milliers de manifestant-es, souvent venu-es des Andes, dans le centre historique de Lima, sous les applaudissements. Des masses paysannes, ouvrières ou étudiantes ont défilé dans la capitale.

Elles rĂ©clament une dissolution du Parlement, des Ă©lections anticipĂ©es et une assemblĂ©e constituante, avec le cĂ©lèbre slogan “Que se vayan todos”, “Qu’ils s’en aillent tous”. Pour l’instant, le rĂ©gime reste sourd aux exigences populaires.

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