Marche des drapeaux à Jérusalem : déferlement de violence coloniale

Deux photographies côte à côte, en mai 2022 alors qu'une femme palestinienne reçoit un coup de pied d'un manifestant, et en mai 2023 tandis que plusieurs hommes tabassent un palestinien à terre

Le 18 mai, la ville de Jérusalem a connu une nouvelle démonstration de force raciste de la part de l’extrême droite israélienne : la «marche des drapeaux». Cette manifestation commémore depuis 1967 l’annexion de la partie Est de la ville par les sionistes. Elle a rassemblé cette année des milliers de personnes. Ce jour là, des colons peuvent parader en arme dans les quartiers palestiniens, commettre des exactions, crier des slogans racistes, le tout sous protection policière. Les Palestiniens sont contraints de fermer leurs échoppes et les ruelles se vident peu à peu. La police fait clairement savoir aux commerçants palestiniens que s’ils restent ouverts, c’est à leurs risques et périls. C’est donc dans des rues désertes que défile l’extrême droite sioniste.

Cette année, une photographie prise au cœur de la vielle ville a fait le tour des réseaux sociaux du Proche Orient. De jeunes palestiniens ont croisé la route de la marche des colons et ont tenu tête aux provocations et aux chants tels que «Morts aux arabes». Ils ont été roués de coups. Aucun des agresseurs ne sera interrogé ou arrêté, parce qu’ils appartiennent au groupe national auquel l’État accorde tous les droits et les privilèges. Dans le cas contraire, des palestiniens seraient envoyés derrière les barreaux d’une prison militaire. Quand sur une même terre, deux lois différentes s’appliquent selon les populations, on appelle cela un État d’apartheid.

À noter que la marche de cette année a été tellement raciste et violente que même les ambassades des USA et de France ont protesté.

Lors de la marche des drapeaux de 2022, une photo montrait déjà un colon israélien s’attaquer à une femme palestinienne avant qu’elle ne soit gazée au visage par d’autres suprémacistes juifs.
Crachats, tabassages et slogans abominables tels que «que vos villages brûlent» avaient rythmé le défilé. Un slogan lourd de sens, puisque le village palestinien de Huwara en Cisjordanie a été attaqué et incendié par des colons le 26 février dernier.

Rappelons enfin que l’État israélien est gouverné par l’extrême droite religieuse et raciste. Et qu’un politicien d’extrême droite radicale, que l’on qualifierait de fasciste en Europe, Itamar Ben Gvir, est à la tête de la police.

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