Nice, c’est la ville la plus fliquée de France. Pas moins de 4000 caméras et une mairie qui expérimente la surveillance par intelligence artificielle. C’est aussi un maire, Christian Estrosi, fan de Macron et d’extrême droite. C’est à Nice que s’est déchaînée la «cancel culture» dont parlent tant les médias :

D’un côté, un «festival des migrations» dénoncé et combattu par la mairie. Au mois d’avril, cet événement associatif sympathique voulait célébrer «Nice, Niça, Nizza, Nissa, Nikaia… Tantôt du nord, tantôt du sud, ligure, sarde ou savoyarde, lieu de départ ou d’arrivée : Nice par-delà les frontières» et proposait d’ouvrir «nos sens dans tous les sens : rencontres, performances artistiques, danses, théâtres, musiques, fêtes et manifestations dans différents quartiers de la ville… Migrons, de quartier en quartier, de dedans en dehors, d’art en art, de lieu en lieu, sans frontières».
Un vrai danger selon la mairie, qui évoquait une «provocation» et communiquait qu’elle «n’accepterait pas qu’un événement mettant en valeur ce type de comportement soit organisé dans des locaux lui appartenant ou sur la place publique». Ce type de comportement ? La solidarité et l’entraide. Deux soirées sur les expulsions devaient avoir lieu en présence de Cédric Herrou, ce paysan solidaire qui sauve la vie de réfugié-es dans la vallée de la Roya. Et qui est persécuté pour cela par la police.
De l’autre côté, l’extrême droite la plus radicale privatise littéralement un parc du centre-ville de Nice avec l’accord de la mairie ! Le parti Reconquête, du néofasciste Zemmour condamné plusieurs fois pour ses propos racistes et son incitation à la haine a réservé le square Durandy le 2 juin. Dans le plus grand des calmes. Cette «fête de la droite niçoise» avec boissons, bal des années 80 et invités spéciaux se tiendra dans un beau jardin public géré par la mairie. En guest, le néo-nazi Philippe Vardon et Marion Maréchal, figures de l’extrême droite identitaire. La crème de la bourgeoisie néofasciste pourra faire la fête dans l’espace public.
Ce deux poids deux mesures et à l’image de l’époque. Les autorités macronistes laissent des néo-nazis défiler à Paris ou semer la terreur à Saint-Brévin en toute bienveillance, mais grenadent les luttes sociales et anti-racistes. Dans les médias, la parole raciste est décomplexée, mais la moindre intervention anticapitaliste est censurée ou diabolisée. La « liberté d’expression » n’est invoquée que quand il s’agit de laisser parler les réactionnaires. L’extrême droite est au pouvoir. La cancel culture, c’est eux.
Renforçons nos propres réseaux, nos médias, des forces à même de riposter partout où c’est nécessaire.
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