Hommage à Clément : retour sur un beau week-end antifasciste

– Récit –

Le 5 juin 2013 Clément Méric était tué par un groupe de skinheads sur Paris. 10 ans plus tard, l’ensemble de la communauté antifasciste nationale et internationale se regroupait à l’initiative de l’Action Antifasciste Paris Banlieue pour lui rendre hommage et continuer son combat. Retour sur le week-end chargé de l’équipe Contre Attaque au cœur de la capitale.

Vendredi 2 juin : Premier rendez-vous, Vitry-sur-Seine. Près d’un millier de personnes est déjà là, sous le chapiteau de bal du fameux Kilowatt, le terrain mitoyen à l’ancienne centrale électrique. Pour nous accueillir, une ambiance bouillante sur du punk survolté. Ça pogote dans tous les sens au rythme de groupes comme Agnostic Front, Brigada Flores Magon, ou encore Syndrome 81 pour le grand plaisir d’une foule déjà rouge et noire. Sur les visages, de grands sourires. Bénévoles comme militant-es sont content-es de voir que les gens répondent déjà à l’appel (ce n’est qu’un début).

Samedi 3 juin : Après la soirée d’échauffement, place à la discussion avec une série de conférences organisées à la bourse du travail. Dans ce cadre historique de la lutte syndicale, plusieurs conférences s’enchaînent. Meurtre et mémoire : comment s’organiser au-delà ? Perspectives internationalistes : dépasser le cadre antifasciste. S’organiser dans une perspective de victoire. Les sujets sont larges et les invité-es varié-es. Toutes les discussions résonnent : comment faire pour s‘organiser, lutter et vaincre le fascisme. L’organisation est impressionnante (enregistrement vidéo, transcription directe des conférences pour les internationaux) et à la mesure de la foule qui se presse à la porte. Impossible de dire combien nous sommes tant les couloirs et le parvis de la bourse fourmillent de militant-es. On prend conscience de la portée de l’événement en croisant des collectifs venus d’Angleterre, d’Irlande, d’Espagne, d’Allemagne, ou encore d’Italie. La journée passe vite et il est déjà 17h. On aimerait prolonger les débats ou encore assister au match des équipes féminines du MFC1871 (un club à l’identité populaire et antifasciste) mais nous devons déjà courir dans le métro en direction de la Parole Errante, à Montreuil. Là-bas nous attend déjà une foule de bénévoles qui s’affairent pour terminer de tout installer. En plus des nombreux concerts, plusieurs tables sont mises à disposition des librairies militantes et des collectifs rencontrés un peu plus tôt dans la journée. On retrouve de nombreux collectifs français et internationaux sur leur stand pour discuter plus longuement. La foule est rapidement nombreuse. La capacité maximale sera atteinte seulement 1h30 après l’ouverture ! Vous serez nombreux et nombreuses à venir nous voir et dévaliser notre stand de stickers, revues et calendriers (un grand merci pour votre soutien). L’accueil est incroyable, tout comme les concerts qui se succèdent (Médine, Rocé, DJ Pone, Juste Shani, Sean, Ryaam, Costa, Nanor). Nous aurons même l’occasion de croiser certain-es artistes pour leur offrir quelques revues. La nuit passe à toute vitesse.

Dimanche 4 juin : Les corps se réveillent doucement dans le métro direction Barbès en attendant un rassemblement qui s’annonce beau et puissant. Dès la sortie de la bouche de métro, la foule est dense et affiche ses couleurs : rouge et noir. Nous serons près de 5000 à venir commémorer la mémoire de Clément ce jour-là, et celles des camarades dont la vie a été volée par l’extrême droite. Ni oubli ni pardon, le ton est donné dès les premiers mètres de cortège. Les mégaphones haranguent la foule qui scande en cœur les hymnes antifascistes tout au long du cortège. Il faut être à la hauteur de l’événement et chacun-e répond présent-e. Les animations sont toutes plus impressionnantes les unes que les autres : défilé de drapeaux géants, déploiement de tifo sur une façade d’immeuble, craquage simultané de centaines de torches ou encore de pots à fumée. Les tambours du FC Ménil sont présents et mettent l’ambiance jusqu’à en perdre la voix. Les murs et abris bus de la capitale se recouvrent d’hommages aux camarades tombé-es d’ici comme ailleurs. La ville sera plus belle avec leurs noms sur les murs. Même après 4h de défilé la foule est encore motivée et c’est presque avec regrets que l’on voit poindre le bout de la manif. Heureusement, il nous reste suffisamment de cordes vocales pour siffler le commissariat de la place Gambetta en signe d’au-revoir.

Sur la route de retour, les camarades sont silencieux-ses et tout sourire. Comme si les têtes étaient encore là-bas, dans le cortège. Une pensée pour Clément, Dax et toutes les autres victimes de l’extrême droite. On ne lâchera rien. Fier-es d’appartenir au mouvement antifasciste aujourd’hui et demain.

Merci à tous les organisateurs et organisatrices

Merci aux bénévoles

Merci aux artistes

Merci aux militant-es

Merci


Photos : Tulyppe

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