«Pas de papiers, pas de Jeux Olympiques» : 800 travailleurs sans papiers en grève


Ce mardi 17 octobre, une grève massive et surprise a éclaté sur les chantiers d’Île de France. 150 travailleurs sans-papiers des chantiers des Jeux Olympiques et du Grand Paris et 650 intérimaires de plusieurs grandes entreprises se sont mis en grève dans plus d’une trentaine de lieux de la région parisienne. C’est l’une des plus grandes grèves de sans-papiers de l’histoire, à quelques mois de la plus importante compétition sportive prévue dans la capitale française.


Une centaine de grévistes du secteur du bâtiment occupent les travaux de l’Arena, qui est en construction à porte de la Chapelle et doit être inaugurée pour les JO. Des centaines d’autres tiennent des piquets de grève sur 35 points de Paris et sa banlieue. Ce sont des travailleurs précaires, dans des entreprises sous-traitantes de la logistique, des déchets, du nettoyage ou de la distribution comme Adecco ou Carrefour. Tous exigent leur régularisation et donc l’égalité des droits. Les grévistes s’opposent aussi au projet de «loi Darmanin», qui va réprimer encore d’avantage les personnes sans papiers. Une loi symbole de l’hypocrisie néolibérale, qui exploite au maximum les sans papiers, vulnérables parmi les vulnérables, tout en organisant des politiques racistes à leur encontre pour empêcher l’égalité des droits des travailleurs et mieux les mettre en concurrence.

«Nous dénonçons ce système dans son intégralité qui organise notre exploitation par un mille-feuille qui permet aux grosses boîtes donneurs d’ordre sur les chantiers de se laver les mains tout en profitant allègrement de notre force de travail», expliquent les occupants du chantier de l’Arena. La grève est portée par plusieurs syndicats : la CGT et la CNT-SO, et soutenue par de nombreux collectifs, comme les Gilets Noirs, des coordinations de sans-papiers ou l’association Droit devant !

Sur le chantier de la Chapelle, les patrons s’appellent Vinci, Bouygues, ou encore Eiffage. Face à cette mobilisation inédite, des négociations seraient en cours. Les grévistes souhaitent : «une régularisation collective en commençant par tous les travailleurs des chantiers des JO et du Grand Paris ainsi que le retrait de la loi Darmanin et la renégociation des droits et des conditions de régularisation des travailleurs immigré·e·s». Leurs slogans : «Pas de papiers, pas de JO» et «ce n’est qu’un début».

Le projet de «loi immigration» de Darmanin sera examiné au Sénat le 6 novembre, dans un contexte de discours d’extrême droite omniprésent dans le débat public. Cette gréve héroïque a besoin de visibilité et de soutien.

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