Chronique lecture : “Macron et l’extrême droite”


Dans le livre «Macron et l’extrême droite», l’auteur Sébastien Fontenelle met en exergue les différents mécanismes qui ont permis, et permettent encore à Emmanuel Macron de banaliser une extrême droite grandissante, d’en adopter ses idées, allant même jusqu’à en appliquer le programme.


L’auteur nous propose dans cet ouvrage de revenir sur différents moments particulièrement représentatifs du lien entre macron et l’extrême droite, en analysant des discours ou encore des lois mises en œuvre lors de ses six années au pouvoir. Il apparaît clairement que le chef de l’État entretient depuis toujours des liens privilégiés et répétés avec toute une partie de la droite nationaliste : son amitié avec Philippe de Villiers, mais également lorsqu’il célèbre dès le début de son premier quinquennat Charles Maurras ou encore Pétain.

Il est également important d’insister sur le fait que, lors des deux dernières élections présidentielles, Emmanuel Macron s’est retrouvé face à l’extrême droite au deuxième tour. Et que ce n’est que grâce à cette situation qu’il a encouragée qu’il a pu être élu deux fois consécutives. Une stratégie mensongère, cynique, mais gagnante. Au lendemain de la dernière élection, il déclarait «je veux aussi ce soir avoir un mot pour les français qui ont voté pour moi sans avoir nos idées. Vous vous êtes engagés et je sais qu’il ne s’agit pas là d’un blanc-seing. Je veux avoir un mot pour les français qui ont voté simplement pour défendre la république face à l’extrémisme. Je sais nos désaccords, je les respecterai, mais je serai fidèle à cet engagement pris : je protégerai la république». Il aura fallu à peine une semaine pour qu’il piétine ses engagements, fasse place nette aux idées du RN et commence à appliquer de larges parts de son programme.

Cette complaisance avec l’extrême droite se révèle sans conteste dans la promulgation de lois liberticides et racistes – la Loi séparatisme – et profondément injustes – casse des droits sociaux, suppression de l’AME… – ainsi que des discours fallacieux et despotiques. On pense au discours sur les violences policières avec cette phrase honteuse : «ne parlez pas de répression ou de violence policière ces mots sont inacceptables dans un état de droit».

Un ensemble de mesures qui s’inscrit parfaitement «dans la longue entreprise d’anéantissement du sens des mots». Une gouvernance du mensonge permanent, où les mots sont tordus pour qu’ils n’aient plus aucun sens. Les exemples sont nombreux, l’usage du mot éco-terroriste notamment, qui englobe tous les activistes qui luttent justement pour protéger la biodiversité et contre des projets tous plus mortifères les uns que les autres. Grâce à cette modification de la langue, il fait passer des défenseur-ses de la nature et du vivant pour des «terroristes», soit l’exacte inverse de ce que ces luttes défendent. Et tout cela en minimisant toutes les exactions faites par l’extrême droite – par exemple l’attentat sur le maire de Saint-Brévin par des néo-fascistes.

Enfin l’auteur rappelle le déferlement de violence mené par les forces de l’ordre commandées par Gérald Darmanin, lui-même ancien membre de l’Action Française. Une répression policière d’une violence et d’une barbarie sans limite. Comment oublier Sainte-Soline et ses 5.000 grenades lacrymogènes et explosives en deux heures ? Tout cela pour défendre un trou dans un champ, militarisé par des centaines de chiens de garde surarmés. Aberrant.

Un livre édifiant sur les liens d’interdépendance entre Macron et l’extrême droite, que personne ne pourrait remettre en doute à la lecture de l’ouvrage. Si les personnes déjà engagées n’apprendront rien de nouveau, le livre est à conseiller à toutes les personnes encore dans le déni. Car le constat est accablant, et l’actualité continue de le démontrer : l’extrême droite est déjà au pouvoir.


“Macron et l’extrême droite”, Sébastien Fontenelle, Éditions Massot, 2023.

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Une réflexion au sujet de « Chronique lecture : “Macron et l’extrême droite” »

  1. Macron et sa “mafia d’Etat” sont une véritable machine à remonter le temps. Nous sommes en 1933 en République de Weimar.

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