Désarmement de l’usine Lafarge de Val-de-Reuil


“Mort au ciment, gloire au vivant”


La vague d’actions en cours contre Lafarge intervient un an, quasiment jour pour jour, après une action contre la firme du béton à Bouc-Bel-Air, près de Marseille. Un coup d’éclat qui avait inquiété le pouvoir par son audace et provoqué une énorme enquête, mobilisé des moyens anti-terroristes et conduit à un vaste coup de filet et des poursuites.

Il s’agit, en multipliant les actions, de démontrer que rien n’arrêtera la déferlante pour défendre les ressources et l’environnement face aux multinationales du désastre. Près de Rouen, c’est une nouvelle initiative intrépide qui a eu lieu dimanche 10 décembre.

Un groupe mystérieux d’une centaine de personnes vêtues de combinaisons blanches a surgit de la forêt normande de Bord, menacée par un projet d’autoroute, pour entrer sur le site du bétonneur Lafarge de Val-de-Reuil.

Sur place, des inscriptions ont fleuri pour rappeler à toutes et tous la vérité sur l’entreprise, les conséquences de l’exploitation qu’elle perpétue sur le territoire français et au-delà. De multiples banderoles ont été déployées, on pouvait lire sur le site «Moins de ciment, plus de vivant et de paysans». Le journal Reporterre raconte la diversité des personnes présentes, des trentenaires comme des retraités, urbains ou ruraux, certains qui participaient pour la première fois à une telle action.

Des désarmements facétieux ont eu lieu sur le site. Les bureaux ont été déménagés, les tuyaux d’une toupie ont été remplis de mousse, des murs ont été recouverts de peinture. Rien de grave, comparé aux ravages commis par Lafarge sur l’environnement. Pourtant, les autorités et la presse ont créé un récit anxiogène autour de cette action. France 3 parle de «centaines de milliers d’euros de dégâts», d’un membre du personnel «séquestré»… Alors que l’envahissement n’a duré qu’une dizaine de minutes. Les combinaisons blanches se sont dispersées dans la nature en un instant, alors que la police arrivait, en tirant des grenades à bout portant.

Une patrouille de police a intercepté une partie du cortège à une intersection, mais celle-ci a réussi à s’échapper malgré les gaz. Les enquêteurs se sont rapidement rendus sur le site pour démarrer la procédure. La préfecture indique que des investigations sont en cours pour dégradation en réunion, «séquestration» du gardien du site avec «libération volontaire» et violence sur personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité totale de travail (ITT). Des mots ronflants construits sur du vent pour justifier la répression.

Plus délirant encore, le parquet d’Évreux aurait été saisi avec la police judiciaire de Rouen et la sous-direction antiterroriste (SDAT). La même unité qui avait mené les arrestations suite au désarmement de l’année dernière près de Marseille. En France, en 2023, l’antiterrorisme est déployé contre des attaques aussi terribles que de la peinture et de la mousse expansive !

Un communiqué signé «les pics de mars et les tritons crêtés de la forêt de Bord» explique : «Derrière le petit numéro médiatique du préfet et du directeur du site pour diaboliser les militants, le site sera sans doute bientôt de nouveau en fonctionnement. Mais ce n’est que le début. Le béton, ne passera pas, ni en Normandie, ni ailleurs. Les forces sont là. Cette journée en appelle d’autres. Nous continuerons à leur mettre des bâtons dans les routes».

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