Un Premier Ministre gay, le signe d’une France qui progresse ?


Un régime néolibéral, autoritaire et raciste, mais avec des couleurs arc-en-ciel ?


C’était à la Une de toutes les éditions infos de ces derniers jours. Le 9 janvier 2024, Gabriel Attal était nommé 1er ministre du nouveau gouvernement Macron. Outre son jeune âge, 34 ans, c’est une autre particularité qui a intéressé les organes de presse : la sexualité de Gabriel Attal. L’homme assume publiquement son homosexualité, il l’utilise même politiquement. Certains médias “progressistes” et quelques associations “de gauche” se félicitaient ainsi de la nomination de l’ancien ministre de l’Éducation au poste de chef du gouvernement. Pour Libération, ce 1er ministre gay est le signe d’une France qui progresse. Gabriel Attal érigé en défenseurs des luttes LGBTQI+. Rien que ça.

Pourtant la réalité est toute autre. L’État et les médias tentent de donner un verni arc-en-ciel et engagé au gouvernement en mettant en avant la sexualité d’un 1er ministre qui vient de nommer l’un des gouvernements les plus réactionnaires de l’ère Macron, notamment vis-à-vis de la cause LGBTQI+. 7 ministres sur 15 sont connus pour leurs positions violemment transphobes et homophobes.

Tour d’horizon :

  • Aurore Bergé devient ministre de l’Égalité et des luttes contre les discriminations. Venue de la droite sarkozyste, cette macroniste hardcore s’est illustrée à de nombreuses reprises pour ses saillies réactionnaires. Elle a milité contre le mariage pour tou-te-s et les droits des personnes trans.
  • Rachida Dati est nommée ministre de la Culture. Issue de la droite dure et un temps sarkozyste fanatique, cette femme s’est abstenue lors du vote visant à sanctionner la torture des personnes LGBTQI+ lorsqu’elle était euro-deputée.
  • Catherine Vautrin, 63 ans est la nouvelle ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités. Passée du sarkozysme au macronisme, elle se présente comme une figure de la droite «libérale et sociale». Elle est surtout connue pour son engagement de militante au sein de la Manif pour Tous, proche des mouvements catholiques integristes et de l’extrême-droite. Elle a voté contre le mariage pour tou-te-s.
  • Christophe Béchu, Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, a fait toute sa carrière politique à droite. En 2021, il devient secrétaire général du parti Horizons. À Angers en tant que maire, il laisse l’extrême-droite radicale et violente s’implanter dans le centre-ville. En avril 2013, il affirme que le mariage pour tou-te-s pourrait mener à l’autorisation de mariages entre frères et sœurs. En 2016, il fait retirer une campagne d’affichage sur le VIH montrant des personnes homosexuelles pour “protéger les enfants”.
  • Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, conseiller dans sa jeunesse de Bruno Le Maire, expliquait à propos du mariage pour tou-te-s : “le communautarisme gay m’exaspère (…) une famille se construit entre un homme et une femme”. Une sortie bien réac.
  • Gérald Darmanin, confirmé ministre de l’Intérieur, qui a fait sa formation politique dans les réseaux pétainistes et antisémites, s’est fortement opposé aux droits des personnes LGBTQI+, notamment contre le mariage pour tou-te-s. Il avait été lancé dans le grand bain de la politique par son ami l’ancien député Christian Vanneste, proche de l’extrême droite, à l’homophobie maladive au point que même l’UMP l’avait suspendu en 2012.
  • Enfin, la ministre de l’Éducation et des Sports, Amélie Oudéa-Castera, amie du couple Macron, scolarise ses enfants au lycée Stanilas, établissement intégriste qui fait la promotion des thérapies de conversion – un ensemble de pratiques qui ont pour objectif de modifier l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle d’une personne – et interdit le port du drapeau arc-en-ciel.

Vous l’aurez compris, l’opération médiatique et gouvernementale de pinkwashing est grotesque. Gabriel Attal est peut-être gay, mais il a nommé un gouvernement pétri de ministres homophobes et racistes. En politique, ce qui compte, ce sont les actes.

C’est aussi le ministre de l’interdiction de l’abaya et du SNU, de la mise au pas de la jeunesse et de l’uniforme à l’école. Le nouveau 1er ministre est surtout un fervent défenseur d’un néolibéralisme intégral et de politiques anti-sociales et discriminatoires contre les minorités. Ce n’est absolument pas un militant des luttes LGBTQI+, c’est au contraire un général dans la guerre sociale menée par Macron.

La gauche morale voudrait nous faire croire que, certes, ce gouvernement est de droite extrême, mais que comme il est dirigé par un homosexuel, ça serait mieux. Cette logique identitaire est une impasse politique : Attal est un pion au service d’un ordre injuste et réactionnaire, prestataire de service de la grande bourgeoisie et de l’idéologie néo-fasciste. Rien d’équivalent au progrès…

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