Autoroute A69 : le GIEC met le feu à des engins de chantier


Le projet d’autoroute A69 entre Toulouse et Castres est le symbole d’un monde périmé. Plus de 400 hectares de terres sont en train d’être détruits, des forêts aux arbres centenaires sont rasées, des zones humides verront leurs eaux polluées. Un écosystème entier, sur une bande de 60 km de long détruit pour rien : il existe déjà une route reliant les deux villes, qui n’est plus longue que de quelques minutes.


Projet d'autoroute A69 : le GIEC met le feu à des engins de chantier

L’A69, vieux projet datant de plus de 30 ans, est une lubie du Parti Socialiste qui gère le territoire, et ne servira qu’à engraisser des entreprises privées avec des dizaines de millions d’euros d’argent public.

Depuis des années, la population locale utilise tous les moyens en sa possession pour s’opposer au projet : manifestations de masse, réunions d’information, pétitions, blocages, contre-expertises, occupations d’arbres… Une grève de la faim et de la soif très longue a même failli tuer ceux qui la pratiquaient l’année dernière. Absolument tout a été tenté pour empêcher les travaux illégaux, de démarrer. Une seule réponse de l’État : la répression et le mépris.

Ainsi, dans la nuit du 16 au 17 avril, 4 engins de chantier sont partis en fumée sur la zone de travaux de l’A69. L’action a été revendiquée par le GIEC. Pas le «Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat» mais le «Gang d’Insolent.e.s Éclatant le Capital», qui prend visiblement au sérieux la question climatique.

Leur communiqué explique : «Nous revendiquons avoir désarmé quatre véhicules NGE qui opéraient aux portes d’une réserve naturelle d’exception, au profit d’une classe bourgeoise en roue libre» et poursuit : «cet acte ne représente rien face aux multiples traumatismes essaimés par les concessionnaires le long du parcours, sur la biodiversité et les riverain.e.s»

«La violence du capitalisme et de l’État est bien réelle, bien plus que les quelques dégradations dont on peut se vanter […] nous agissons pour la lutte des classes, en conjugaison avec notre combat contre l’écocide» avance également le GIEC.

Une enquête pour «criminalité en bande organisée» a été ouverte, et le préfet annonce qu’il renforce la sécurité autour du chantier. Après tout, le dispositif de répression déployé 24 heures sur 24 pour imposer cette autoroute n’a coûté “que” 2,7 millions d’euros l’année dernière, l’État n’est plus à une dépense près.

Les esprits lucides imaginent que la «criminalité», c’est d’arracher des mains et de crever des yeux, de tirer des grenades explosives sur des manifestants désarmés ou de mettre le feu en bas des arbres occupés par des écologistes. Mais non, il s’agit là de l’action quotidienne de la gendarmerie contre les opposant.e.s à l’A69. L’État français attache plus d’importance au matériel qu’à la vie humaine et à l’environnement.

Le préfet du Tarn, très en forme, a déclaré à propos des engins incendiés : «ces violences montrent le vrai visage des opposants radicaux de l’A69. On n’a pas affaire à des gentils écologistes qui font des ateliers avec des enfants pour refaire le monde avec tel ou tel scientifique. On a affaire à des gens extrêmement violents.» Dans l’esprit d’un fonctionnaire macroniste, on ne peut pas jouer avec des enfants et vouloir protéger la planète.

Ce préfet oublie qu’au cours de l’histoire, le même phénomène s’est toujours répété : quand toutes les voix en faveur d’une cause juste sont étouffées, quand aucun dialogue n’est possible, alors ce sont d’autres modes d’action qui naissent. «C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine la forme de lutte. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence» disait Mandela, qui est aujourd’hui mondialement reconnu comme un apôtre de la paix.


Ses mots sont toujours valables. Le préfet du Tarn devrait y réfléchir.


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