Le bon et le mauvais complotisme


Nouvelle règle : seuls les macronistes ont le droit d’être complotistes


Le bon et le mauvais complotisme

L’accusation de «complotisme» est devenue un outil pour neutraliser toute pensée critique, et faire oublier tous les mensonges du gouvernement. Pendant la pandémie, Macron a promis qu’aucun Pass sanitaire ne serait obligatoire, avant de l’imposer. Et immédiatement, dénoncer le Pass sanitaire est devenu «complotiste». Il était aussi «complotiste» de redouter le contrôle numérique l’état d’urgence sanitaire : ils sont désormais maintenus et leurs techniques appliquées pour les Jeux Olympiques et après. En avril 2022, a propos du scandale autour des financements publics du cabinet Mc Kinsey, Gabriel Attal parlait de «complotisme» et Bernard Henry Levy y voyait, en plus du «complotisme» de «l’antiaméricanisme.»

Dénoncer les bombardements d’hôpitaux à Gaza était «complotiste» en octobre 2023, il est désormais établi qu’Israël a méthodiquement frappé tous les lieux de soin. D’une manière générale, poser des questions en temps de guerre est complotiste. Dans une confusion générale, l’anticomplotisme s’est donc imposé comme une modalité du maintien de l’ordre et de la censure. Tout ce qui ne valide pas le récit imposé d’en haut, d’une vérité unique est frappé d’anathème.

Le 11 janvier 2022, une commission rendait un rapport à Emmanuel Macron destiné à lutter contre les fake news et le complotisme. Il préconisait de pouvoir «stopper la diffusion massive d’un contenu susceptible de véhiculer une fausse nouvelle pouvant troubler l’ordre public». Contrôler la vérité, pour maintenir l’ordre. À la tête des «experts», le sociologue Luc Bronner, qui était est membre du Conseil scientifique d’Areva, du conseil médical d’EDF et délégué du syndicat patronal de la métallurgie. Dans un ouvrage baptisé «le danger sociologique» Luc Bronner écrivait que le célèbre sociologue Pierre Bourdieu inspire les «conspirationnistes» et les théories d’extrême droite. La lutte des classe elle-même est parfois décrite comme une «théorie du complot». Il devient ainsi impossible de penser et dénoncer les mécanisme de domination.

De cette manière, une alliance entre le patronat et les politiciens néoliberaux imposent leur récit, au nom de l’anti-complotisme et de la «raison», face à un peuple qui serait stupide et animé par des théories loufoques.

Mais il y a le bon et le mauvais complotiste. Si la plèbe a interdiction de se poser la moindre question, le pouvoir lui, a le droit d’être complotiste sans aucun problème :

  • Ce samedi 27 avril 2024, le Premier Ministre Gabriel Attal a asséné dans les médias que les étudiants qui se mobilisent pour la Palestine sont «une minorité agissante et dangereuse» qui veut imposer «une idéologie venue d’outre-atlantique». Évidemment, la jeunesse ne peut pas être scandalisée par un génocide, c’est forcément l’influence d’une puissance étrangère qui les manipule.
  • À la fin de l’année 2018, Macron déclarait : «il est évident que les Gilets jaunes radicalisés ont été conseillés par l’étranger», et des responsables LREM «ne cachent plus leur soupçon vis-à-vis d’une éventuelle ingérence russe» derrière le soulèvement des Gilets Jaunes. L’invention d’une «main russe» derrière ce grand mouvement populaire a été répétée inlassablement pour le discréditer. Aucune preuve n’a jamais été avancée depuis.
  • Durant l’été 2018, Macron insinuait que l’affaire Benalla est un «coup monté». Interrogé par un journaliste, il affirmait : «il y a des gens qui avaient intérêt à ce que ça sorte deux mois et demi plus tard, après la Coupe du monde de football.» Bien sur.
  • En 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur déclarait que «l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et l’université n’est pas imperméable». Le ministre de l’éducation évoquait même les «complicités intellectuelles du terrorisme.» Les universitaires ont répondu que ces propos n’avaient aucune validité scientifique.

En résumé, lorsqu’un mouvement social ou une information met en difficulté le pouvoir, c’est forcément un complot : une fantomatique «menace d’outre-Atlantique» pour le mouvement pro-palestinien, une conspiration «russe» pour les Gilets Jaunes ou l’affaire Benalla, une organisation secrète «islamo-gauchiste» en cas de mouvement étudiant. Les macronistes sont littéralement obsédés par les théories du complot dès qu’ils sont contestés. Ces gens sont des obscurantistes mythomanes.


À quand le fact checking ?


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