L’Article 16 évoqué dans les médias puis démenti par l’Élysée


Macron prépare-t-il l’opinion à la dictature ? Décryptage de cette vraie fausse annonce.


L'Article 16 évoqué dans les médias puis démenti par l'Élysée : Macron prépare-t-il l'opinion à la dictature ?

Macron, imposé par les médias comme un centriste démocrate et modéré, restera dans l’histoire comme le président du chaos et de la dictature.

«En cas de débordements après les élections, Emmanuel Macron pourrait activer l’article 16 de la Constitution» titre ce mercredi 19 juin au matin le média de Bolloré Europe 1. «Emmanuel Macron a discuté de cette hypothèse avec plusieurs proches».

L’Article 16 est une mesure de la Cinquième République qui donne les pleins pouvoirs au président. Il instaure une dictature sensée être temporaire. Cet article exceptionnellement grave est en principe prévu en temps de guerre. Il n’a été utilisé qu’une fois, par De Gaulle, lorsque des généraux fascistes ont tenté de renverser la République pendant la guerre d’Algérie, en 1961.

Évidemment, l’Élysée s’est empressé de démentir cette information. Mais le gouvernement et Europe 1 savent parfaitement ce qu’ils font. Ils habituent l’opinion à une mesure d’exception, ils font exister cette hypothèse dans les esprits. Ce n’est plus impensable, c’est une possibilité.

En politique, on appelle cette méthode un «ballon d’essai». Un dirigeant fait une annonce extrêmement violente pour voir le résultat. Et s’il n’y a pas trop de réactions, il sait qu’il pourra l’appliquer plus tard.

Ces derniers mois, par exemple, des Ministres ont appelé à détruire le statut de fonctionnaire, à rétablir le service militaire, à permettre à Macron de se présenter pour un troisième mandat, et avant cela, l’usage du QR code lors de la pandémie a été annoncé comme une «possibilité» avant d’être mis en place pour de bon, ou encore la réforme des retraites, d’abord annoncée, puis reportée et démentie, pour être finalement imposée par 49.3 contre l’avis de l’immense majorité des français.

Autre ballon d’essai en 2018 : envoyer l’armée contre les Gilets Jaunes. Depuis, la répression des luttes sociales s’est militarisée. À chaque fois, ce genre d’annonce sert de test, c’est une façon machiavélique de préparer l’opinion.

En juillet 2023, juste après la grande révolte provoquée par l’assassinat de Nahel, Emmanuel Macron déclarait aux maires reçus à l’Élysée qu’il envisageait de «couper» les réseaux sociaux, en cas de nouveaux épisodes révoltes. Il proposait : «on a pu le voir, quand les choses s’emballent pour un moment, se dire : on se met peut-être en situation de les réguler ou de les couper».

L’annonce avait créé la polémique, et le service de communication de l’Élysée avait rétropédalé, en prétendant qu’une telle mesure n’était pas à l’ordre du jour, tout en admettant que «le Président pensait davantage à une suspension ponctuelle et temporaire des réseaux sociaux». De fait, la mesure a été appliquée en Kanaky ces dernières semaines : la France est le seul pays occidental où un réseau social, TikTok, a été totalement coupé sur un territoire.

Autre exemple : Macron avait évoqué la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée depuis 2022. L’idée paraissait folle, et avait ensuite été démentie. Jusqu’à ce mois de juin 2024, où Macron a finalement activé cette bombe nucléaire institutionnelle, qui risque de porter l’extrême droite au pouvoir.


Ne sous-estimons pas l’hubris de Macron. Cette histoire d’Article 16 est tout sauf anecdotique. Il est évident que les cercles du pouvoir ont fait fuiter cette idée à dessein dans un média ami, avant de la démentir. Pour mieux passer à l’acte après le mois de juillet ?


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4 réflexions au sujet de « L’Article 16 évoqué dans les médias puis démenti par l’Élysée »

  1. j’ai extrait la sustancifique moëlle de votre article faites mieux et bon usage. Merci Camarades!

    Annoncé, Démenti, Reporté, Imposé.

    – le QR code pour entraver les déplacements
    (pour le Covid pour les JO)

    – Détruire le statut des fonctionnaires (en cours)

    – Rétablir le service militaire (en cours)

    – la Réforme des retraites (par 49-3)

    – l’armée contre les manifestants (pour les gilets jaunes)

    – couper les réseaux sociaux (en Kanakie)

    – dissoudre l’Assemblée Nationale, (c’est fait !)

    – l’article 16 
    (donnant tous les pouvoirs au Président de la République)

    Bientôt 

    ????????????????????????????????????????????

  2. Bonjour Contre Attaque, l’ensemble des exemples, avec l’effet du ballon d’essai, le rétropédalage et l’application des annonces quelques temps plus tard, nous montre que l’article 16 fait partie de la stratégie de la dissolution du 9 juin 2024 annoncée par Macron. Macron est “en marche” vers l’autoritarisme, d”ailleurs en 1930 les nazis n’ avaient t’ils pas utilisés les ruses de la constitutions de la République de Weimar pour dissoudre l’ensemble des contres pouvoirs ? Rappelons également que la constitution de la 5eme République a été créée en 1958 par De Gaulle pour répondre au conflit de la guerre d’Algérie, elle a été rédigée en urgence en reprenant les éléments de la constitution de la République de Weimar. La constitution de la 5eme République avait donc été rédigée et présentée comme une mesure d’urgence qui devait être provisoire, mais ce provisoire est là depuis maintenant 66 ans. En plaçant l’ensemble des ruses constitutionnelles aux mains d’un dangereux crétin (complice des puissances économiques et financières), ça donne un ensemble de possibilités comme la dissolution, l’effacement des contres pouvoirs et l’annonce de l’émergence d’un totalitarisme qui peut venir s’imposer par le droit constitutionnel comme l’ont fait les Nazies en 1930 lors de République de Weimar à sa fin. Macron a aussi envoyé un ballon d’essai en annonçant qu’il voulait envoyer des troupes militaires françaises en Russie, puis ensuite il y a eu le rétropédalage, mais, est ce que Macron appliquera cette décision plus tard ? Les États nations et leurs constitutions sont les remparts des intérêts des puissances économiques et financières, aujourd’hui comme hier les États Nations et les puissances économiques et financières sont la source des conflits, des guerres, des dictatures et de la montée du facsisme en France, en Europe et dans le monde. L’ensemble de la population mondiale a dans ses mains un outils à double tranchant, c’est l’intelligence artificielle,en effet un ballon d’essai avait été envoyé contre les réseaux sociaux lors de la révolte des quartiers après l’assassinat de Nahel,ensuite il y a eu rétropédalage et plus tard l’application avec l’arrêt de certains réseaux sociaux lors du soulèvement de la Kanaky. D’ailleurs certains pays comme la Chine sont transformé en quartier de haute sécurité où chaque pas que font les citoyen.ne.s sont surveillés, analysés récompensés ou réprimés. Le peuple pourrait décider des aujourd’hui de casser l’ensemble de ses appareils numériques (portables et ordinateurs) pour signifier le refus de cette soumission, mais le problème c’est que la majorité des esprits sont conditionnés par les gourous au pouvoir qui utilisent les appareils d’Etats comme des prisons et comme des sectes hautements sécurisées livrant les hordes de citoyen.ne.s soumis.e.s , aux intérêts des puissances économiques et financières qui sont aujourd’hui et peut être plus qu’hier, à l’œuvre de la déshumanisation et de la destruction du monde du vivant en générale.

  3. Casser tous des appareil numérique ok,mais est ce sue ça reviens pas à s’infliger soi-même un coupure ”de reseaux sociaux/ punition type crédit social” et nous isolerait pas plus face aux institutions et la violence policière, n’existant plus dubtout médiatiquement, on ne pourrais plus utiliser notre argent (les banques et à peux près tout nous obligent à avoir un tel pour avoir acces aux besoins de base .)
    Et le droitards eux le feront pas, donc c’est un peu comme une injonction à baisser la garde, et ce sous les coups redoublants. ????

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