Israël poursuit ses crimes contre l’humanité dans l’indifférence générale


«Petit à petit, les Israéliens resserrent le nœud coulant qui nous étrangle, en-dehors des caméras. Ils font de notre existence un enfer pour atteindre leur véritable objectif : nous déporter»


À Gaza, le génocide se poursuit à l'abri des regard. Quelques images du massacre organisé par l'État d'Israël.

L’anéantissement de Gaza ne fait plus la Une de notre actualité, éclipsé par d’autres foyers de guerre ou par les dernières polémiques absurdes concoctées par les médias des milliardaires. Pourtant, l’État fasciste israélien poursuit ses crimes et méfaits dans toutes les directions, du Liban à Gaza en passant par la France. Tour d’horizon d’un colonialisme génocidaire sans limite.

Le génocide se poursuit à Gaza

«Il n’y a pas de cessez-le-feu. C’est juste qu’il y a de moins en moins de couverture de ce qui se passe à Gaza, de moins en moins de couverture de notre vie ici» écrivait le journaliste Rami Abou Jamous dans Orient XXI il y a quelques jours. «Les bombardements ont diminué. Mais ils restent quotidiens. Tous les jours, des hommes, des femmes et des enfants sont tués». L’armée israélienne occupe toujours Gaza et assassine quotidiennement, en violation de ses propres accords.

Elle est même en train d’annexer, petit à petit, le territoire. Au moment du cessez-le-feu, Israël a imposé une «ligne jaune» marquant une frontière présentée comme temporaire, officiellement pour faire «tampon». En réalité, cette frontière délimitée par des blocs de bétons et des militaires qui tirent sur tous les humains qui s’approchent, ne cesse d’avancer. La partie de Gaza contrôlée par l’armée et interdite aux palestiniens représente désormais 60% du territoire. Autrement dit, les 2 millions de survivants s’entassent sur 40% de ce qu’il reste de Gaza, une zone de ruines et d’ossements, le long de la mer. Alors même qu’avant octobre 2023, Gaza était déjà une prison surpeuplée à ciel ouvert.

L’aide humanitaire, qui devait rentrer, est drastiquement limitée. Les denrées de première nécessité sont inaccessibles, les couches pour bébé et tout ce qui touche à la santé est interdit, notamment les médicaments et le matériel médical. Les malades meurent faute de soin. La première préoccupation des survivant est de trouver de l’eau. «Je ne parle même pas d’eau potable, juste d’eau ‘douce’, non salée», explique Rami Abour Jamous. Il n’y a plus d’écoles, quasiment plus d’hôpitaux, toute la population est en insécurité alimentaire. Il y a des pénuries d’électricité et un accès de plus en plus difficile à des téléphones, qui n’entrent plus à Gaza. «On arrive à survivre, mais petit à petit, les Israéliens resserrent le nœud coulant qui nous étrangle, en-dehors des caméras et des yeux du monde. Ils font de notre existence un enfer pour atteindre leur véritable objectif : nous déporter», conclut le journaliste.

Viols systématiques

Le grand quotidien des USA The New York Times a publié il y a quelques jours une enquête consacrée aux violences sexuelles infligées aux Palestiniens. Le journal se base sur 14 témoignages et des rapports d’organisations internationales, révélant un recours systématique à la torture et au viol par les autorités israéliennes.

On y apprend par exemple qu’une palestinienne de 42 ans a été enchaînée nue à une table en métal, violée à plusieurs reprises par des soldats pendant deux jours, tandis que d’autres filmaient la scène. Qu’un journaliste de Gaza a été déshabillé et menotté avec les yeux bandés, puis violé par un chien sous les rires des militaires. Un autre journaliste de 46 ans raconte avoir été sodomisé, et avoir souhaité mourir de douleur. Un palestinien raconte que ses gardes ont attaché son sexe pendant des heures en battant ses organes génitaux. Et ce sont les récits de détenus qui ont survécu à la prison et qui ont été relâchés. Il faut imaginer le sort horrible des milliers d’autres qui sont restés dans les geôles coloniales.

L’armée israélienne organise aussi des déplacements forcés de palestiniens en Cisjordanie. À cette occasion, les soldats menacent presque systématiquement de violer les femmes en cas de refus. Un rapport de l’ONU de 2025 décrit ces violences sexuelles comme une «procédure opérationnelle standard».

Marche des drapeaux

Chaque année, à Jérusalem, des dizaines de milliers d’israéliens d’extrême droite organisent au mois de mai une «marche des drapeaux», qui célèbre la conquête et la colonisation d’une partie de la ville en 1967. Ces marches sont en réalité un moment de défoulement fasciste et raciste : la foule, majoritairement masculine, brandit des milliers de drapeaux israélien et danse en chantant «mort aux arabes» ou «que vos villages brûlent !» Cette année, le 14 mai, le cortège a déroulé une banderole devant l’une des principales entrées de la Vieille Ville : «Vous vouliez un massacre, vous aurez une Nakba». La Nakba étant le nettoyage ethnique de centaines de milliers de palestiniens en 1948 lors de la création d’Israël.

Dans la manifestation cette année, le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir a été porté en triomphe dans le quartier musulman. Sur le parcours, les fascistes collaient des autocollants avec le dessin d’une corde pour vanter l’adoption de sa loi qui instaure la peine de mort pour les Palestiniens.

Le défoulement raciste était tel que tous les commerces palestiniens ont dû baisser leurs rideaux et les habitants rester cloitrés chez eux. Les fascistes, munis de bâtons, tapaient sur les devantures et tabassaient tout ce qui se trouvait sur leur passage. Les rares journalistes israéliens ont été empêchés de travailler par la police. Sur les T-Shirts des supporters du ministre, le slogan «Conquête. Expulsion. Colonisation».

Société de mort

Après le vote de la loi permettant de pendre des palestiniens sur la base de simples soupçons, une partie de l’opinion israélienne réclame désormais des exécutions publiques. De même, lors d’une fête de «retour au foyer» de soldats, une unité de l’armée a diffusé sur grand écran des images de bombardements et d’explosions de villages au Liban. Cette projection a été acclamée et a suscité des rires dans le public, composé de proches de soldats.

Une autre vidéo montre des femmes faire leur séance de sport en Israël en criant le slogan «que leurs villages brûlent», appelant donc à commettre des pogroms pour s’échauffer. Cette société est une société animée par une pulsion de mort, l’un des aspects historiques du fascisme des années 1930 et 1940.

Massacres au Liban

Le 25 mai, Netanyahou a demandé à son armée «d’accélérer» les attaques sur le Liban et «d’intensifier» l’offensive. Au moins 31 personnes ont été tuées rien que le 26 mai. Des frappes ont lieu sur la ville millénaire de Tyr, contre un barrage retenant de précieuses ressources en eau, et contre de nombreux villages. La doctrine assumée est la même que celle utilisée à Gaza : tout détruire et vider la zone de toute population.

Dans ce contexte, le secouriste Mahdi Mohammed Abou Zeid, 30 ans, a été tué par une bombe israélienne. Viser les secouristes est un crime de guerre au regard du droit international. 120 d’entre eux ont pourtant perdu la vie au Liban. Le 22 mai, c’était le photojournaliste Ahmad Hariri qui mourait lors d’une «double frappe» dans le village de Deir Qanoun El-Nahr, alors qu’il secourait les blessés d’un précédent bombardement. Israël a tué 26 journalistes au Liban depuis octobre 2023.

Suicides de bourreaux

Le suicide est la troisième cause de mortalité dans l’armée israélienne. Les soldats en service représentent 78% de tous les suicides en Israël. Ils sont massivement drogués à leur retour de Gaza, et le professeur Shaul Lev-Ran estime qu’entre 30% et 50% des Israéliens sont sous l’emprise d’une substance addictive. La violence coloniale et génocidaire finit toujours par revenir chez celui qui la commet. Le génocide va les hanter à jamais.

Ingérence en France

Le 26 mai, le parquet de Paris a enfin ouvert une enquête sur les ingérences israéliennes contre les candidats LFI aux municipales. Des officines sionistes avaient organisé pendant la campagne des manœuvres de diffamation pour salir plusieurs insoumis, notamment Sébastien Delogu, François Piquemal et David Guiraud. Ces hommes ont été accusés de violences, de viols et même de pédocriminalité, ou de complaisance avec le terrorisme et l’islamisme, par voie d’affiches mais aussi de sites internet et de messages sur les réseaux sociaux. Une méthode aussi sale qu’indigne. Dans le cas de David Piquemal, il est difficile de dire dans quelle mesure ces manipulations ont joué sur sa courte défaite à Toulouse. Toujours est-il que c’est gravissime.

Viginum, un office relié au ministre de la Défense, parle d’un mode opératoire « inédit ». Pourtant, des dizaines de députés et ministres continuent à collaborer avec les lobbys israéliens, comme Elnet, qui les invite en Israël et organise des meetings en France. Cela devrait être un scandale national, provoquer des démissions. Ces élus devraient être considérés comme des traitres à la solde d’une puissance ennemie. Mais puisque cela vise LFI, tout est permis.

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